L’innovation technique en matière agricole peut permettre de réduire les pollutions diffuses ou d’optimiser l’irrigation, ont affirmé les participants au colloque « Eau et agriculture durable » organisé le 1er mars au Sima par le Cemagref. Intervenant en ouverture des débats, le ministre de l’Agriculture est même allé plus loin : la technologie doit progresser.
En 2015, les eaux françaises devront être dans un « bon état écologique ». L’obligation en a été fixée en l’an 2000 par la directive européenne sur l’eau – dite directive-cadre – et Dominique Bussereau, le ministre de l’Agriculture, est venu le rappeler dans son introduction au colloque du Cemagref. Quel en sera le coût pour les agriculteurs ? « La recherche économique doit fournir des modèles de projection évaluant les effets sur la ressource et le revenu du choix de gestion écologique de l’eau. Il sera alors possible de mieux expliciter les objectifs et de proposer aux agriculteurs des dispositifs plus économes en eau ainsi que des techniques alternatives moins polluantes », estime le ministre. « Il convient de trouver les moyens d’une reconnaissance qui puisse être valorisée économiquement », a t-il ajouté en citant l’agriculture raisonnée.
Outils de modélisation
Appelant à renforcer le partenariat recherche-industrie, Dominique Bussereau, rappelle que 50% des produits phytosanitaires n’atteignent pas la plante et se dispersent dans l’air ou le sol. Un constat que n’a pas démenti Bernard Bonicelli (Cemagref) qui explique la nécessité à développer des travaux de modélisation et d’observation en matière de pesticides. Ces outils de simulation sont tout autant nécessaires en matière de fertilisation. Dominique Didelot, responsable du dossier « épandage » au Cemagref, indique que les sous-dosages ou les sur-dosages sont « nombreux » chez les agriculteurs utilisant des engrais minéraux ou organiques. Là également, l’innovation technique (cartographie, gestion des bordures…) peut permettre de réguler l’épandage en continu, explique Daniel Clochard de la société Sulky Burel.
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Irrigation espagnole
L’irrigation occupa également une large part des débats. L’auditoire suivit avec intérêt les propos d’Enrique Playan, responsable du Laboratoire espagnol d’agronomie et d’environnement (CSIC) : celui-ci expliqua en effet que les expérimentations menées en Espagne sur l’irrigation nocturne révélaient des pertes d’évaporations encore très fortes pendant la nuit. Il souligna également que le fait d’offrir des volumes d’eau restreints aux agriculteurs irrigants en 2001 avait eu pour effet de faire passer de 48 à 68% l’efficience d’irrigation. Dominique Bussereau, dans son intervention, avait pour sa part appelé à optimiser les réseaux, expliquant que des économies d’eau sont possibles par ce biais, notamment en irrigation gravitaire.