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Plan de modernisation viticole Michel Barnier rassure les professionnels sur la publicité

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Les professionnels de la viticulture s’inquiètent de l’absence de positionnement clair sur la publicité dans le plan présenté par le ministre de l’Agriculture. Michel Barnier a assuré qu’une loi – ou une modification de la loi – serait rapidement présentée devant le Parlement. Le manque de moyens nationaux mis à la disposition de la filière est également pointé du doigt.

Michel Barnier a rencontré vendredi 30 mai les professionnels de la filière viticole pour leur présenter son plan de modernisation. C’est la présidente de Vin et société, Marie-Christine Tarby, qui a été la première à prendre la parole afin d’exprimer le mécontentement de l’ensemble des acteurs du secteur concernant l’absence de prise de position claire sur la question de la publicité. « Dès la semaine prochaine, un groupe de travail va se mettre en place pour arriver rapidement à des propositions et apporter une modification législative avec, je l’espère, un passage devant le Parlement dans les plus brefs délais,a répondu le ministre de l’Agriculture, mais comme c’est un sujet très technique cela demandera un peu de temps avant d’aboutir ». Le groupe de travail devrait rendre ses conclusions au mois d’octobre. « J’ai entendu pour la première fois, avec beaucoup de satisfaction, le mot “législatif”, c’est une grande avancée », s’est félicité Jérôme Despey, président du comité « vin » de Viniflhor. Selon lui, il faut que cette commission prenne en charge la question d’Internet mais également la redéfinition de la notion de publicité pour que les articles de presse portant sur le vin ne soient plus inquiétés par la justice.

Les aides nationales font défaut

Les réactions syndicales et professionnelles sont contrastées. La Confédération paysanne estime que « Michel Barnier n’a pas pris de décisions sur la plupart des points épineux du plan de modernisation ». Alors que l’AGPV (Association générale de la production viticole) – représentante de la production – juge le texte très insuffisant en termes de moyens mis à la disposition de la filière, la branche du négoce est plus enthousiaste. L’Association générale des entreprises vinicoles (AGEV) se félicite en effet de la teneur générale du plan – en mesure de faire gagner de la compétitivité aux entreprises de la filière – mais souligne quand même le manque de soutiens au-delà de ceux issus de la nouvelle OCM. Même constat pour la FNSEA.

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La nouvelle segmentation ne doit pas calquer l’ancienne

L’UFC-Que choisir a salué la nouvelle segmentation de l’offre de vins selon trois catégories (Appellation d’origine protégée, Indication géographique protégée, et sans indication géographique) qui vise à simplifier sa compréhension par le consommateur. « Mais le plan de modernisation reste muet sur la définition pratique de l’AOP et aucune garantie n’est donnée par le ministre que les futures AOP seront suffisamment exigeantes, c’est-à-dire sélectives, pour éviter que des productions standardisées ne bénéficient de la même appellation que les vins qui ont un véritable lien au terroir », déplore l’association de consommateurs. Elle demande donc que les cahiers des charges des futures AOP se recentrent sur la notion de terroir et que l’INAO refuse ceux qui dilueraient cette notion et les reclasse en IGP.