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Enseignement agricole Michel Barnier veut laisser plus d’autonomie aux établissements

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Le ministre de l’Agriculture a présenté, mardi 7 octobre, les grandes orientations qu’il souhaite donner à l’enseignement agricole pour les cinq années à venir. Michel Barnier veut mettre l’accent sur la simplification de l’offre de formation, le développement des filières durables (agriculture biologique…) et l’autonomie des établissements.

Michel Barnier a présenté mardi 7 octobre devant le conseil national de l’enseignement agricole (CNEA) les grandes lignes du 5 e schéma prévisionnel de l’enseignement agricole qui servira de base pour établir les priorités de la période 2009-2014. En se fondant sur le rapport que la sénatrice de la Marne, Françoise Ferat lui avait remis le 4 septembre dernier, le ministre de l’Agriculture a retenu trois grandes orientations : la qualité de l’enseignement, l’innovation et la gouvernance.

Réduire l’éventail des formations

Il a notamment annoncé une simplification des diplômes pour plus de lisibilité dans l’offre de formation. Si les détails ne sont pas encore connus, la secrétaire générale du Snetap-FSU (principal syndicat des personnels de l’enseignement agricole public), s’inquiète déjà de cette annonce. « Il ne faut pas que cela résulte à une généralisation de l’enseignement, qui risquerait de faire diminuer la motivation des élèves et qui éloignerait la formation de la professionnalisation », prévient Annick Merrien. Le ministre souhaite également promouvoir les filières d’avenir que sont l’agriculture biologique, l’agriculture durable et les pratiques économes en énergie.

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10% des enseignements choisis par les établissements

Sur l’axe de l’innovation, Michel Barnier a retenu les propositions de Mme Ferat sur l’individualisation des parcours de formation et la mise en place de contrats éducatifs passés entre l’établissement et les jeunes pour un meilleur accompagnement vers leur diplôme. Concernant la gouvernance, l’autonomie des lycées devrait être fortement renforcée dans le cadre des rénovations de diplômes. Au moins 10% des heures d’enseignement pourraient être allouées en fonction des attentes locales. Chaque établissement pourra discuter au sein de son conseil d’administration de son programme éducatif et l’inscrire dans le projet d’établissement.

Un suivi annuel pour maintenir une cohérence territoriale

Les DRAAF (directions régionales de l’alimentation de l’agriculture et de la forêt) assureront un pilotage régional, tandis que la DGER (Direction générale de l’enseignement et de la recherche) veillera à la cohérence de l’ensemble. Le développement harmonieux des quatre grands secteurs que sont la production, les services, l’aménagement du territoire et l’agroalimentaire, fera l’objet d’un suivi annuel au CNEA. « Nous observons ce mouvement vers la déconcentration depuis déjà quelques années, pour l’État c’est un moyen de renvoyer au niveau local des arbitrages difficiles sur la répartition des moyens qui sont de toute façon très insuffisants », déplore Annick Merrien. Cinq groupes de travail vont désormais se réunir pour finaliser ce 5 e schéma dont la version définitive sera voté le 11 décembre par le CNEA dont l’avis n’est que consultatif.