Confrontés à une mauvaise récolte en 2019 et à la hausse continue des importations à bas coûts, les producteurs de miel de l’UE demandent à la Commission européenne le lancement d’un plan d’action d’urgence qui devra, en particulier, être ciblé sur les questions d’étiquetage et de contrôle des importations.
Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont lancé le 14 février un appel d’urgence à la Commission européenne pour venir en aide au secteur apicole. « 2019 a été une année noire pour le secteur » du fait de mauvaises conditions climatiques et « c’est la viabilité même des exploitations apicoles européennes qui est en jeu », alerte le Copa-Cogeca. En 2019, la baisse de production de miel dans les principaux pays producteurs n’a pas été suivie d’une hausse des prix. Mais, selon l’organisation, la principale cause de cette crise « est la concurrence insoutenable que subit le miel européen face aux importations croissantes de produits appelés “miel” à très bas prix en provenance de pays tiers dont en particulier la Chine et l’Ukraine ».
Depuis 2013, les producteurs de l’UE doivent faire face à des importations de plus en plus importantes, de Chine mais aussi d’Ukraine, à des prix faibles (en moyenne 1,24 €/kg en 2019) alors que les coûts de production moyens dans l’UE étaient de 3,90 €/kg en 2018, constate le Copa-Cogeca. Cette différence de prix, expliquent les professionnels, ne peut s’expliquer que par « l’ajout massif de sirop de sucre moins cher à la production et difficile à détecter lors des contrôles aux frontières de l’Europe, ainsi que par une définition et une méthode de production du miel en Chine non conforme aux standards européens ».
Un observatoire européen du marché du miel
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Pour lutter contre cette situation le Copa-Cogeca propose un plan d’action qui, en premier lieu, devra garantir que tous les miels importés en provenance de pays tiers soient conformes à la définition du miel dans l’UE. Autre demande : la mise en place d’un étiquetage de l’origine sur les mélanges de miels, comme l’ont déjà réclamé plusieurs ministres de l’Agriculture de l’UE (1). Des propositions en ce sens pourraient faire partie de la stratégie européenne « de la fourche à la fourchette » qui sera présentée le 31 mars. Et pour encore améliorer l’information des consommateurs, le Copa-Cogeca souhaiterait qui soient définis au niveau de la législation de l’UE les différents produits de la ruche comme la cire, la propolis, le pollen ou la gelée royale.
Les organisations et coopératives agricoles demandent aussi le lancement d’un nouveau plan de contrôle coordonné avec les États membres qui ciblerait les importations des lots de plus de 20 tonnes de miel en provenance de pays tiers, la création d’un laboratoire européen de référence pour le miel et la mise en place d’un observatoire européen du marché du miel. Enfin, à plus long terme, « il faut étudier les possibilités de mise en place de mesures de gestion des risques via les organisations de producteurs », souligne la proposition de plan d’action.
(1) Voir n° 3722 du 23/12/2019