La coopérative lorraine a investi 10 millions d’euros en trois ans pour améliorer ses capacités de transformation de la mirabelle. Elle entend aussi faire avancer la filière en développant l’usage des données.
La récolte de mirabelles de Lorraine IGP pourrait atteindre les 8 000 tonnes sur la campagne 2024. Pour la coopérative Vegafruits (95 % des volumes), une grande partie de ces volumes (70 %) sera dédiée à la transformation, activité en croissance, le reste partant sur le marché du frais. « La transformation est un débouché historique. Notre stratégie a toujours été celle d’un équilibre entre les deux marchés. Chaque kilo de mirabelles est valorisé grâce au tri optique, à la surgélation, à la transformation », explique Arnaud Colin, directeur général. Depuis son site de Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle), Vegafruits est à même de produire purée, compote, oreillons surgelés, voire huile d’amande (pour la cosmétique).
Froid décarboné et tri optique
Depuis trois ans, la coopérative a fortement investi dans l’évolution de son outil industriel. Dix millions ont été investis avec l’aide du Feader, de la région Grand Est et de BPI France. Une évolution assumée par Arnaud Colin : « Un consommateur est toujours en recherche de nouveautés, et pour répondre à cette demande, il faut disposer des outils de transformation et des capacités d’investissement au niveau de la coopérative ». La moitié du budget a concerné deux projets spécifiques : la mise en place d’une production de froid décarboné à partir de CO2 et celle d’un nouveau tunnel de surgélation. L’autre moitié a été dédiée à la construction d’un nouveau bâtiment pour l’activité fruits de bouche : deux nouvelles lignes de conditionnement (850 000 fruits/heure) et surtout une trieuse optique de dernière génération. « C’est une technologie très évolutive qui se renouvelle tous les quatre ans. Face au développement de nos activités, les producteurs ont décidé d’investir », explique Arnaud Colin.
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Si cette trieuse aide à la réduction des écarts de tri, elle participe aussi à un nouveau développement de Vegafruits cette année : « Avec le soutien de la région et de l’Europe, les producteurs investissent dans un “lac de données” qui associera toute une série de datas : imagerie satellite, donnée météo, expérience des arboriculteurs, analyses techniques et bien entendu photos de tri optique », détaille le directeur général de la coopérative. Deux développeurs ont été engagés pour la création de la base de données. Vegafruits a identifié plusieurs apports de la démarche : anticipation (date de récolte, volume, qualité, évolution climatique), partage et transmission de connaissances sensibles aux plus jeunes producteurs, renforcement de la R & D… « Cette avancée au profit de toute la filière mirabelles de Lorraine devrait être opérationnelle en 2025 », espère Arnaud Colin.