Avec un chiffre d’affaires qui a plus que doublé sur les trois dernières années, pour atteindre 100 M EUR aujourd’hui, Mix Buffet est en train de se préparer à une nouvelle phase de croissance. Des investissements sont prévus dans les années à venir et 9 ha de terrain supplémentaires viennent d’être acquis. Spécialisée dans la fabrication de salades traiteur en majorité destinées à la GMS, la société a bâti son développement en vendant des produits non markétés sur les rayons coupe et frais emballés, laissant les géants du secteur s’affronter sur le libre-service.
Mix Buffet semble n’avoir pas fini sa fulgurante ascension. Née il y a sept ans, cette société spécialisée dans les salades traiteur, créée et détenue en totalité par la famille Le Hir, qui a fait ses armes dans la charcuterie industrielle, a vu son chiffre d’affaires doubler en l’espace de trois ans pour atteindre cette année près de 100 millions d’euros, contre 85 M EUR en 2004. « Nous avons démarré de rien, explique son dirigeant Patrice Le Hir, avec un atelier de 2000 m2 ». Située sur la commune de Guer, dans le Morbihan, l’entreprise emploie quelque 300 salariés auxquels viennent s’ajouter 150 intérimaires au moment du pic d’activité en été.
7 ha de terrain récemment acquis
Aujourd’hui, son outil industriel s’étend sur 30 000 m2 et offre une capacité de production de 28 000 tonnes de salades destinées à la GMS (70 % de son CA) et aux grossistes de la restauration hors foyer. Si les volumes pour cette année sont estimés à environ 26 000 tonnes, laissant encore de la marge à la société pour assurer sa croissance, l’industriel a pris les devants en faisant l’acquisition récemment de 9 ha de terrain supplémentaires, qui viennent s’ajouter aux 7 ha sur lesquels le site est actuellement installé. D’ici 2007 – 2008, une nouvelle phase de développement est prévue, qui aboutira dans un premier temps à la création d’un nouvel atelier de production de 5 000 m2 environ pour une dépense de 7,6 M EUR. Et pour accompagner cette croissance, la société prévoit de procéder à quelque 200 embauches supplémentaires dans les cinq prochaines années.
Le choix du frais emballé et de la coupe plutôt que le LS
À ces investissements s’ajoute un montant de 2 M EUR consacrés à la réorganisation des espaces dédiés à la réception et de 1,5 M EUR qui ont permis l’agrandissement de la station d’épuration de l’usine. « Nous sommes arrivés au bon moment,explique Patrice Le Hir pour expliquer ce rythme de développement. Les marchés ont beaucoup évolué depuis ces cinq dernières années». Cette réussite, l’industriel la doit au choix de ne pas vendre des produits marketés et de se limiter aux rayons coupe et préemballé, préférant laisser le rayon libre-service aux géants historiques du secteur – Fleury Michon, Martinet et Stalaven. « Tous les grands ont abandonné la coupe et le frais emballé au profit du LS,explique-t-il. Les rayons coupe disparaissent dans certaines enseignes, mais le frais emballé progresse et se valorise.» Et si le marché de la coupe régresse aujourd’hui au profit du frais emballé et du LS, Mix Buffet s’attache à dynamiser les stands en vendant des concepts et des services, par le biais d’animations notamment. Mais l’avantage concurrentiel le plus important de la société réside dans le renouvellement permanent de ses gammes.
Explosion de la demande pour les gammes familiales
« Chaque année nous mettons au point 30 nouvelles recettes de salade », explique Patrice Le Hir. Au total, 22 personnes travaillent au sein du service de recherche et développement, ce qui a permis de développer une gamme de 60 recettes permanentes et 50 recettes saisonnières. Autre succès de Mix Buffet, les gammes familiales, en grand conditionnement, ont permis de développer les volumes, surtout écoulés de mai à septembre. « Les gammes familiales, que nous proposons depuis trois ans, ont bénéficié d’une explosion de la demande,se félicite Patrice Le Hir. Elle s’explique par des changements d’habitude de consommation : la salade est devenue un plat davantage qu’une simple entrée ». Si les recettes consacrées à ces gammes « kilos » sont encore à 80 % des classiques (carottes râpées, piémontaise), le groupe commence à proposer dans ces formats des recettes plus innovantes. « Les marges sont là», s’exclame Patrice Le Hir. Aux critiques émises par certains concurrents, qui déplorent la dévalorisation du marché qui en découle, le dirigeant répond qu’il ne peut être responsable de l’attentisme de ses concurrents…
Et après, la croissance externe ?
Vendant ses salades uniquement aux enseignes de la grande distribution, Mix Buffet délaisse pour le moment le hard-discount et les premiers prix. « Nous avons choisi la diversification et les petites séries de production qui nécessitent un travail d’assemblage en amont faisant appel à un travail manuel, justifie Patrice Le Hir. Nous n’avons pas la possibilité d’allouer autant de volumes aux marchés du discount et des premiers prix ». Les investissements prévus dans les années à venir feront-ils évoluer la stratégie de l’industriel ? D’autant que des opérations de croissance externe sont envisagées, concernant d’autres acteurs du marché de la salade traiteur et pourquoi pas des plats cuisinés.