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Réforme de la Pac Mobilisation contre le verdissement de Pac en Allemagne et en Europe centrale

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Les agriculteurs allemands sont particulièrement remontés contre le projet de la Commission de Bruxelles de lier 30 % du paiement direct au respect d’obligations, surtout à la préservation de réservoirs écologiques ou éléments de paysage sur au moins 7 % des terres de l’exploitation. Le projet de verdissement du premier pilier de la Pac après 2013 est également très critiqué dans une déclaration conjointe des chambres d’agriculture d’Europe centrale.

«Nous lançons une initiative contre la boulimie de surfaces » en jachère, a annoncé le 13 décembre lors d'une conférence de presse Gerd Sonnleitner, le président de la puissante fédération allemande des agriculteurs DBV. Objectif de cette action contre l’obligation proposée par Bruxelles de maintenir des réservoirs de biodiversité ou des éléments de paysage (par exemple jachère, murs, haies, terrasses ou bandes enherbées) sur au moins 7 % des terres arables : récolter 50 000 signatures, seuil à partir duquel « le Bundestag (chambre basse du Parlement) devra se pencher sur notre requête ».
Ces « jachères écologiques » sont « le dernier point sur lequel nous devons encore négocier avec M. Ciolos », le commissaire européen à l’agriculture, a dit M. Sonnleitner.
Pour l'Allemagne, cela signifierait que 500 000 à 600 000 hectares ne pourraient pas être cultivés, selon le DBV, et 5 millions d'hectares à l'échelle de toute l'UE. Or, « si nous devons mettre en jachère 5 millions d'hectares, cela veut dire qu'ailleurs dans le monde il faut en cultiver entre 10 et 15 millions de plus » pour compenser le déficit de production, a affirmé M. Sonnleitner, puisque, dans la plupart des autres régions du monde, la productivité est inférieure à celle de l'Europe.

« Le moyen le plus inefficace »
« Les propositions de la Commission sur le verdissement du 1er pilier de la Pac (paiements directs) auront un impact extrêmement négatif à la fois sur les agriculteurs et les consommateurs avec très peu de garanties de bénéfices environnementaux », assurent les Chambres d’agriculture polonaise, hongroise, tchèque, slovaque, roumaine, estonienne, lettone, lituanienne et croate dans une déclaration conjointe publiée fin novembre à l’issue d’une réunion à Budapest.
« Imposer les mêmes exigences à plus de 12 millions d’exploitations dans des situations très diverses est probablement le moyen le plus inefficace d’obtenir des bénéfices environnementaux », poursuit la déclaration. « Nous demandons que toutes les mesures de verdissement soient reconsidérées et transférées au 2e pilier (développement rural) sans aucune réduction des financements au titre du 1er pilier et sous la condition que le plafonnement soit supprimé. Les mesures de verdissement devraient être instaurées sur une base volontaire ».
Par ailleurs, les chambres d’agriculture d’Europe centrale appellent notamment la Commission à revoir sa proposition de redistribution des paiements directs après 2013 et soumettre « un système fondamentalement nouveau de calcul des enveloppes nationales au titre du 1er pilier qui soit acceptable pour tous les Etats membres ».
Selon elles, ce nouveau système « ne doit plus être basé sur les références historiques et ne doit pas prévoir de nouvelles périodes transitoires ».
 

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