Les députés examinent, les 13 et 14 mai en seconde lecture, le projet de loi sur les OGM. Un seul article – le 1er – sera soumis au vote, le reste du texte ayant déjà été voté par les parlementaires. Les organisations écologistes (WWF, FNE, LPO, FNH) et les agriculteurs biologiques (Fnab) appellent les députés à ne pas voter le texte en l’état.
Coup sur coup, les communiqués sont tombés. A une semaine de l’examen du projet de loi OGM au Palais Bourbon, les opposants aux plantes transgéniques ont diffusé leurs mots d’ordre et appelé à la mobilisation. Comme souvent désormais, France Nature Environnement (FNE), la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et la Fondation Nicolas Hulot (FNH) ont publié un message commun : en l’état, le projet de loi présente de « graves atteintes » aux directives européennes ou aux engagements du Grenelle de l’environnement. Les griefs sont les suivants : la prééminence donnée à l’approche scientifique en matière d’évaluation des risques ; un principe de responsabilité qui ne prend pas en compte les détenteurs de brevets et les distributeurs d’OGM ; un manque de transparence (absence de liste d’informations non confidentielles et « trop de dispositions renvoyées à des décrets ultérieurs ») ; et enfin une loi « discriminatoire » concernant la qualification des délits. Pour les trois organisations, l’agriculture française a « beaucoup à perdre car son image et sa compétitivité reposent sur la variété de ses terroirs (tels les AOC…) qui disparaissent sous l’effet conjugué des contaminatons transgéniques et d’une agriculture encore plus industrialisée. De plus, contrairement à ce qui peut se dire, loin de prendre du retard, la France est au contraire bien placée sur le marché garanti sans OGM, répondant ainsi à une large majorité des consommateurs et des agriculteurs ».
Des pots de miel pour les députés
Le WWF prévoit de son côté une action symbolique : déposer à 9 h 30 le 13 mai au matin 305 pots de miel « à l’attention des 305 députés qui ont voté en faveur du projet ou se sont abstenus » en première lecture. Le WWF se déclare en désaccord avec une loi « qui légalise la contamination génétique et condamne notre agriculture de qualité ».
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La Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) appelle quant à elle à manifester le 13 mai. Objectif : mobiliser « tous les paysans bio, tous les citoyens qui militent pour le droit de produire et consommer sans OGM » afin d’exprimer « leur désaccord avec un texte liberticide, dont la seule disposition protégeant les cultures sans OGM a été remise en cause par le Sénat ». « Il reste à peine une semaine pour tenter de convaincre les députés de la majorité de ne pas voter la loi en l’état et de rétablir tout au moins “l’amendement Chassaigne” qui protège les cultures sans OGM. Ensuite il sera trop tard », estiment les agriculteurs biologiques dans leur communiqué. La FNAB sera présente aux Tuileries puis à l’Assemblée nationale le 13 mai. Des manifestations devraient également se tenir devant les préfectures.