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Modéliser le futur des surfaces cultivées, un casse-tête

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Au-delà des rendements, comment évolueront les surfaces cultivées ? La question est difficile pour les chercheurs. « Nous savons à peu près où se situent les grandes ressources de SAU dans le monde qui permettraient de produire des céréales », explique Sylvain Doublet, responsable agronomie et climat et Solagro. « Vous avez le Brésil où il y a une ressource incroyable, mais par contre il faut détruire la forêt. Et puis après, il y a toute la zone Russie-Ukraine où il y a des réserves de terres sous-exploitées, selon les codes de l’agro-industrie, qui vont être de plus en plus accessibles et fertiles grâce au changement climatique ».

Mais si les conditions culturales seront plus propices à la frontière nord-orientale de l’Europe et plus généralement dans les zones septentrionales, grâce au réchauffement des températures, ce n’est pas non plus la panacée, nuance le directeur scientifique de l’Inrae Christian Huygue. « Au Canada, ils vont gagner quinze jours à trois semaines de végétation sur l’année, pareil en Russie, ce qui n’est pas énorme. Il y aura peu de soleil en hiver, et vous continuerez à avoir cet énorme congélateur qu’est le pôle nord. »

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À ces hautes latitudes s’ajoute la problématique du gel, difficile à prévoir, et de sols pas nécessairement les plus fertiles, ajoute Alex Ruane, chercheur à la Nasa. « Beaucoup de ces endroits recevront plus de précipitations, ce qui pourrait poser des problèmes de sols saturés d’eau et de maladies ».

Pour faire des projections sur l’évolution des surfaces, il faut d’abord mieux comprendre certains sujets complexes qui auront des effets importants sur l’utilisation des terres, poursuit le chercheur de la Nasa. « L’un des gros enjeux est de comprendre les ressources en eau et leur potentiel pour l’irrigation, dans différentes parties du monde. Cela va dicter une grande partie de l’agriculture future. Nous devons également comprendre le futur des régimes alimentaires, car la quantité de protéines d’origine animale aura une grande influence sur l’utilisation globale des terres agricoles ».

Au nord, « beaucoup de ces endroits recevront plus de précipitations »