Une quinzaine de chrysomèles ont été piégées cet été, principalement en Alsace et en Rhône-Alpes. La lutte s’organise selon les prescriptions de l’arrêté du 28 juillet. Mais les agriculteurs manifestent de plus en plus leur mécontentement, d’autant que c’est désormais à eux d’assurer une bonne part du financement de la lutte.
Une fois de plus, la chrysomèle n’a pas baissé la garde. En juillet, quatre adultes ont été identifiés en Alsace, un autre a été retrouvé en Ile-de-France. La région Rhône-Alpes, déjà concernée en 2007, a ensuite pris le relais avec huit captures réalisées du 3 au 8 août. Puis deux insectes ont été de nouveau piégés en Alsace, le 19 août puis le 29 août. En Alsace comme en Rhône-Alpes, les agriculteurs et parfois la société civile ont bataillé fermement avec les autorités pour obtenir des aménagements des mesures de lutte. A Hegenheim, l’un des foyers alsaciens, la sénatrice-maire a même tenté d’interdire les traitements contre Diabrotica via un arrêté municipal, suspendu par la préfecture le 12 août. Non seulement, l’épandage d’insecticides est une mesure relativement impopulaire auprès des populations locales lorsqu’elle est réalisée par hélicoptère, mais en plus, la lutte est désormais à la charge de l’agriculteur en dehors du périmètre de la zone focus (1 km autour du point de capture).
Compromis rhônalpin
Depuis la publication de l’arrêté du 28 juillet dernier, le passage d’insecticides n’est plus obligatoire en zone de sécurité (5 km autour de la zone focus). Mais les producteurs doivent mettre en rotation leurs cultures. « Ce qui n’a rien d’évident car les agriculteurs ont souvent construit leur exploitation autour du maïs », signale Emilie Gauthier, à la Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) Rhône-Alpes. Une longue réflexion a été nécessaire pour valider l’arrêté préfectoral rhônalpin, signé finalement le 28 août. Devant les réticences des professionnels, la région a opté pour un compromis concernant la zone de sécurité : ceux qui mettent leurs parcelles en rotation sont dispensés de traitement, une mesure réservée aux parcelles qui resteront en monoculture.
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Participation à 50 % de l’Etat
Pour chacun des hectares concernés, les agriculteurs ont donc dû indiquer courant août à la Fredon l’assolement qu’ils comptaient réaliser pour 2009, afin que la fédération puisse négocier les achats d’insecticide et l’épandage aérien, indispensable vu l’avancement des cultures. La Fredon s’est également chargée de la collecte des fonds. Comme en Alsace, l’Etat a fini par participer à hauteur de 50 % aux frais de traitement en zone de sécurité pour cette année. Mais en 2009, l’ensemble de la lutte, qui se déroule sur deux ans, sera à la charge des agriculteurs. « Il faudra anticiper », prévient Jacques Dumez, chef du service de la protection des végétaux pour la région Rhône-Alpes. En moyenne, le surcoût pour le producteur est de l’ordre de 70 euros/ha par traitement insecticide, qu’il soit aérien ou terrestre.