Les agriculteurs qui produisent des légumes pour l’industrie (pour conserves et surgelés) sont de moins en moins nombreux, sur des surfaces elles aussi en diminution, mais les rendements ont encore progressé dans quasiment toutes les espèces, a indiqué le Cénaldi (Comité économique national agricole des légumes à destination industrielle) lors de son assemblée générale le 30 mai.
Les légumes d’industrie sont principalement les pois et les haricots verts, puis les flageolets, épinards, carottes, brocolis, salsifis, etc. La baisse du nombre de producteurs est de 14% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, dont 350 agriculteurs de moins en Bretagne. Les surfaces de légumes d’industrie ont perdu 6 100 hectares au cours de ces cinq dernières années, et 1 000 hectares pour chacun des départements du Finistère et du Morbihan pour la seule année 2005. Ces diminutions sont compensées pour l’instant par des progrès de rendements dans la plupart des produits. Mais on note une tendance au tassement de la valeur agricole sur plusieurs espèces, signe que les rendements en progression ne suffisent pas à compenser les baisses de prix pratiquées par les industriels. Ces derniers sont eux aussi entraînés dans un mouvement de pression sur les prix, par les enseignes de grande distribution. « Attention à ne pas casser un outil de production plus performant que jamais », a commenté un représentant des producteurs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un chercheur de l’Inra, Hervé Guyomard, invité à intervenir sur le thème « La Pac emprunte-t-elle la bonne route ? », a démonté la thèse de la concentration de l’offre. Face à la concentration de l’industrie et de la distribution, les professionnels de l’amont ont comme réflexe de rechercher à concentrer l’offre, pour être en position de force. « Plutôt que d’appeler à la concentration de l’offre, demandez que la politique de la concurrence s’applique, sinon on laisse se verrouiller les marchés», a suggéré M. Guyomard. Cela éviterait aussi de léser les consommateurs, et permettrait le cas échéant de s’en faire des alliés, a-t-il précisé.