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Aliments du bétail Moins d’émissions de méthane, un bonus de CO2 pour les éleveurs

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Les émissions de méthane non émises par les vaches laitières nourries avec des aliments riches en omégas 3 (graines de lin, herbe, luzerne) rapporteront des bonus de CO2 aux éleveurs. Cela via un compte-épargne, qui a été officiellement ouvert le 11 septembre au Space, a indiqué l’association Bleu-Blanc-Cœur, qui porte le projet.

Les éleveurs pourront toucher des bonus de CO2 s’ils nourrissent leurs vaches laitières avec des aliments riches en omégas 3, comme les graines de lin, l’herbe et la luzerne en contiennent. Un compte-épargne de CO2 a été ouvert pour cela au Space le 11 septembre par l’association Bleu-Blanc-Cœur.
L’alimentation riche en omégas 3 entraîne moins d’éructations et de flatulences des vaches que l’alimentation basée sur le modèle maïs-soja, a rappelé Nathalie Kerhoas, directrice de Bleu-Blanc-Cœur, la veille du lancement du compte-épargne.

La méthodologie validée par l’Onu

La méthodologie de l’association – calculer les émissions de méthane à partir des acides gras du lait et convertir les tonnes de méthane évitées en bonus – a déjà été validée par le ministère de l’Écologie en avril 2011. Elle l’a été en août par l’Onu, qui supervise le marché international des crédits de CO2 et autres gaz à effet de serre, comme le méthane, a précisé l’association.
Les éleveurs s’engagent à travers un cahier des charges régissant l’alimentation des vaches. Grâce à une analyse par infra-rouge du profil en acide gras du lait, on peut en déduire les émissions de méthane évitées.
Pour l’encaissement des bonus, les tonnes de méthane évitées sont converties en équivalent CO2, car c’est l’étalon de référence sur le marché international des gaz à effet de serre. La valeur d’une tonne de méthane sur le marché des gaz à effet de serre est supérieure à celle du CO2, parce que son pouvoir réchauffant est estimé à 25 fois celui du gaz carbonique.
Environ 400 éleveurs sont engagés dans la démarche, et l’association espère en compter mille à la fin de l’année. L’association rassemble 5 000 membres. Une majorité d’éleveurs, mais aussi des céréaliers qui cherchent à diversifier leurs cultures et à introduire des légumineuses dans leur assolement.

Un bonus de 150 euros par an

Le bonus apporté par ces crédits de méthane devrait rapporter aux éleveurs une somme modeste, « de l’ordre de 150 euros par an pour un élevage de 35 vaches comme le mien », a précisé Jean-Pierre Pasquet, président de Bleu-Blanc-Cœur et éleveur laitier à Châtillon en Vendelais (Ille et Vilaine). Cette somme permettra de financer des panneaux apposés devant les fermes des éleveurs engagés dans la démarche, pour développer leur notoriété.
L’association espère ainsi que cette notoriété permettra de mieux valoriser, par des prix un peu plus élevés au stade du consommateur final, les produits issus de l’évage sous technique Bleu-Blanc-Cœur (lait, fromages, yaourts…). « Nous espérons qu’avec cet effet d’entraînement (meilleure valorisation et augmentation des ventes), le gain sera de 1 000 à 1 500 euros par an, de quoi payer un remplacement pour partir en vacances », a ajouté le président de Bleu-Blanc-Cœur.
Le président de la République François Hollande s’est arrêté sur le stand de l’association au Space et a encouragé cette initiative.

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