La direction des études économiques d’Unigrains a publié le 15 mars un bilan mondial des opérations de fusions acquisitions sur le segment de la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie en 2020. Si l’activité a globalement baissé, les acteurs restent néanmoins dynamiques compte tenu du contexte. L’année en cours a bien démarré et le spécialiste estime que la crise devrait créer des opportunités dans le secteur.
Unigrains a comptabilisé soixante-quinze opérations de fusions et acquisitions dans le secteur de la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie au niveau mondial en 2020. Il en ressort une activité de 20 % inférieure à celle de 2019, une activité qui reste néanmoins « honorable sur l’historique malgré les incertitudes créées par la crise sanitaire tant de la part des sociétés financières que des entreprises », peut-on lire dans la note publiée le 15 mars. Unigrains estime que le recul des opérations dans la BVP est en ligne avec celui observé sur l’ensemble du secteur agroalimentaire, où la crise sanitaire a « eu un effet général paralysant au cours des 2e et 3e trimestres qui n’a pu être rattrapé, malgré un 4e trimestre dynamique », explique l’auteur de l’étude. Ainsi, après une année 2019 record avec 91 opérations, 2020 retrouve le bas de la fourchette sur cinq ans, avec un point bas avec 70 opérations en 2017.
Le ralentissement des opérations est assez contrasté au niveau géographique. Seulement 38 transactions majoritaires ont été recensées dans l’Union européenne, contre 64 en 2019, soit un recul de 40 % sur un an. Un ralentissement particulièrement sensible en Espagne, France et Italie, alors que les transactions n’ont pas ralenti en Allemagne et au Benelux. De même, l’activité s’est révélée très dynamique en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) avec vingt-cinq opérations l’an dernier, contre quatorze en 2019, caractérisée de « petite année » par Unigrains.
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Autre point notable en Europe, « plus de 40 % de ces transactions ont été réalisées à l’achat par des sociétés financières (sociétés d’investissement, fonds financiers, family offices, industriels détenus par un fonds) », révèle l’étude. Et de préciser que ces établissements habituellement très actifs en Amérique du nord ont été davantage présents en Europe, particulièrement au Royaume-Uni et en Italie. Et si certaines opérations ont été retardées par la crise, elles ont finalement pu aboutir au second semestre. À l’inverse, certains deals ont été précipités par la Covid-19, autour de sociétés en difficultés. Autre impact de la crise, les acheteurs ont cherché à diversifier leurs activités « pour mieux répartir le risque ».
Unigrains souligne enfin que 2021 a vite démarré dans la foulée du dernier trimestre de l’année dernière. Ainsi, « sur les deux premiers mois de l’année 2021, déjà 17 transactions ont été recensées ». Au-delà des motivations d’acquisitions déjà existantes, certaines opérations pourraient être favorisées par la fragilisation de certains acteurs au cours de cette crise sanitaire qui « créera des opportunités et provoquera des recompositions du paysage », conclut l’étude.