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Moisson : chute des volumes mais qualité satisfaisante

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Les récoltes s’affichent en nette baisse pour les cultures d’automne, selon une note diffusée le 5 août par le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste). Mais la qualité est au rendez-vous, soulignent FranceAgriMer et les instituts techniques Arvalis, Terres Inovia.

« Les écarts de rendement peuvent aller du simple au triple, quelle que soit l’espèce cultivée » de céréales à paille, colza et pois, d’après un communiqué commun de FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia le 6 août. En cause, des « conditions d’implantation des cultures difficiles », marquées par de fortes précipitations automnales, puis une « sécheresse record » au printemps.

Blé tendre : moins de 30 Mt

Agreste évalue la production de blé tendre à 29,7 Mt (-24,9 % par rapport à 2019 et -15,9 % par rapport à la moyenne quinquennale). Elle subit un fort recul des surfaces, à 4,3 Mha (-13 % sur un an) soit « la sole de blé tendre la plus faible depuis 1994 », d’après le ministère, qui rappelle les problèmes de semis. Le rendement est estimé à 68,3 q/ha, inférieur de 3,9 % à la moyenne 2015-19. Des régions tirent leur épingle du jeu, selon FranceAgriMer et les instituts : en Normandie, Hauts-de-France, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, ils sont « proches voire supérieurs à la moyenne quinquennale ».

Sur le plan qualitatif, « les teneurs en protéines devraient répondre aux besoins des utilisateurs », affirment-ils dans le communiqué. Leur niveau dépasse généralement 11,5 % voire 12 %, sauf en Pays-de-la-Loire, Normandie, Bretagne et dans les anciennes régions Picardie et Champagne-Ardenne. Dans la majorité des cas, l’absence de pluie jusqu’à la récolte a préservé le bon potentiel de PS (poids spécifique), acquis grâce au temps ensoleillé lors du remplissage. 79-80 kg/hl sont annoncés.

Orges : sole record, volume en baisse

La production d’orges diminue malgré des surfaces records de 1,968 Mha. En orge d’hiver, elle est estimée à 7 Mt (-20 % par rapport à la moyenne quinquennale). Les rendements, de 58,2 q/ha en moyenne, sont en baisse, notamment sous une ligne Lorient-Strasbourg où les récoltes apparaissent « très décevantes », surtout pour les semis les plus précoces. S’y ajoute une sole réduite (-7 % sur un an), pour les mêmes raisons qu’en blé tendre.

En revanche, « les teneurs en protéines, majoritairement situées entre 10,5 et 11,5 %, devraient satisfaire les utilisateurs brassicoles dans la plupart des cas ». De très bons calibrages sont indiqués, les régions brassicoles présentant des moyennes supérieures ou égales à 80 %, voire à 90 % en Champagne-Ardenne, Picardie et Poitou-Charentes. En orge de printemps, une hausse des superficies (+19 % sur un an) porte la récolte à 4,3 Mt (+49 % par rapport à la moyenne quinquennale). Les rendements sont cependant, là aussi, en diminution, à 56,1 q/ha.

Blé dur : une qualité satisfaisante

La production de blé dur est chiffrée à 1,3 Mt (-17,8 % sur un an, -27,1 % par rapport à 2015-19). Le rendement, à 51,6 q/ha sur le plan national, apparaît en net recul dans les bassins Sud-Ouest et Ouest-Océan, mais proche de la moyenne dans le Sud-Est et bon dans le Centre.

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Côté qualité, les teneurs en protéines sont correctes à bonnes, même très bonnes dans le bassin Ouest-Océan, selon FranceAgriMer et les instituts. Le PS est jugé satisfaisant en régions Ouest-Océan et Sud-Est, bon en Centre et Sud-Ouest, malgré des pluies en fin de cycle dans certains secteurs. Satisfaction aussi pour le temps de chute de Hagberg même si des problèmes ont pu être constatés localement.

Le colza sous les 30 q/ha

Agreste estime la production de colza à 3,3 Mt (-4,8 % sur un an, -35,7 % par rapport à la 2015-19). Le rendement descend sous les 30 q/ha « pour la première fois depuis 2007 », souligne le ministère. « Les difficultés d’implantation des cultures et la gestion de plus en plus difficile des ravageurs, pour lesquels les solutions de contrôle manquent, sont à l’origine d’une baisse des surfaces en Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne", considèrent FranceAgriMer et les instituts. Accentuées par un épisode de gel tardif, elles expliquent aussi les faibles rendements observés en 2020 dans les bassins Centre et Centre-Est de la France (25 q/ha en Bourgogne et 28 q/ha en Champagne-Ardenne).

À l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) et au Sud, l’alternance d’excès d’eau hivernaux et de sécheresses printanières a empêché un développement performant du système racinaire. »

Protéagineux : une récolte décevante

La production de protéagineux, à 890 000 t, ressort stable (-0,6 % sur un an) malgré des surfaces en progression (+26 % par rapport à 2019). « Après une implantation des cultures difficile, les pois ont mal subi la longue période de sécheresse du printemps », souligne le communiqué commun. 2020 se caractérise surtout par une pression des ravageurs « sans précédent ».

Baisses des surfaces et rendements en cultures d’automne

Cultures d’été : des prévisions mises à mal par la sécheresse

« Les premières prévisions pour les cultures d’été, encore très provisoires, montrent une hausse de la production de maïs et de tournesol », a indiqué le 5 août Agreste. Elles semblent mises à mal par la sécheresse. Concernant le maïs grain, 14,4 Mt sont annoncées (+10,8 % sur un an, +1 % par rapport à 2015-19). La récolte profite d’un gain en surfaces et en rendements, à 88,7 q/ha (contre 86,2 q/ha l’an dernier). Même évolution côté maïs fourrage, pour lequel le ministère de l’Agriculture table sur une production de 17,3 Mt (+6 % sur un an). En tournesol, Agreste prévoit 1,78 Mt (+37,4 % sur un an, + 31,3 % comparé à 2015-19). C’est aussi le résultat d’une augmentation des surfaces et des rendements, à 23 q/ha (contre 21,5 q/ha). Idem en soja, dont la production est chiffrée à 499 000 t (+16,3 % sur un an, +45,1 % par rapport à la moyenne quinquennale) : les surfaces grimpent de 164 000 ha en 2019 à 184 000 ha cette année, le rendement s’établit à 27,2 q/ha (contre 26,2 q/ha). Un record de production est prévu en pomme de terre de conservation et de demi-saison, à 6,63 Mt (+1,2 % sur un an, +13,6 % par rapport à la moyenne 2015-19).