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Moisson : un impact météo encore incertain

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Les premiers échos de la moisson dans l’hémisphère Nord montrent des récoltes plus faibles qu’attendu, d’après le rapport du CIC (Conseil international des céréales) le 29 juin, soulignant toutefois l’effet encore incertain d’une météo par endroit défavorable. Si le service de prévisions de la Commission européenne Mars a corrigé le 26 juin à la baisse ses prévisions de rendement en grandes cultures dans l’UE, les mêmes doutes sont exprimés concernant la France.

« L’estimation de la production mondiale de grains pour 2017-2018 est réduite de 4 Mt en un mois, à 2 049 M (-4 % sur un an), mais l’impact sur les cultures de la météo dégradée reste en cours d’évaluation dans certaines régions », affirme l’organisation. Une incertitude qui concerne notamment les États-Unis et l’UE, d’après son rapport : « L’étendue des dommages n’est pas claire dans de nombreuses zones, en particulier là où les cultures sont loin d’être à maturité ». La production mondiale de blé est estimée à 735 Mt (contre 736 Mt le mois dernier), celle de maïs à 1 025 Mt (1 026 Mt).

Au vu du rapport, la consommation de grains doit s’approcher du point haut de l’an dernier et, avec de moindres disponibilités, les stocks se contracteraient pour la première fois en cinq ans, à 480 Mt (-35 Mt sur un an). Si les grands pays exportateurs interviennent en grande partie dans cette baisse, la Chine pourrait voir sa première baisse de stock depuis plus de dix ans, indique le CIC.

Des prévisions confortées pour la France

Le service de prévisions de la Commission européenne Mars a également corrigé le 26 juin à la baisse ses prévisions de rendement en grandes cultures dans l’UE, suite à la canicule. « Les prévisions de rendement pour le blé et l’orge ont été un peu revues en baisse (d’environ 1 % pour l’Union européenne) par rapport au bulletin de mai », selon une publication. « Des conditions météo chaudes et sèches ont gêné la croissance des cultures dans plusieurs régions. » Au centre de l’Espagne, la canicule a « sérieusement affecté » les cultures d’hiver pendant plusieurs semaines, précise le bulletin.

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En France, la sécheresse en mai et la chaleur en juin ont entraîné « des conditions défavorables pour à la fois les cultures d’hiver et de printemps ». Mais les rendements dans l’Hexagone sont prévus à 6,77 q/ha pour le blé tendre (inchangé par rapport à mai), 6,17 q/ha pour l’orge d’hiver (contre 5,76 q/ha), 5,94 q/ha pour l’orge de printemps (5,90 q/ha). « Un haut niveau d’incertitude demeure sur les rendements finaux des céréales d’hiver vu les conditions très hétérogènes », pointe le bulletin.

Les rendements dans l’UE sont estimés à 5,86 t/ha de blé tendre et 5,68 t/ha d’orge d’hiver, légèrement au-dessus de la moyenne quinquennale. En orge de printemps, le service de prévisions Mars table sur 3,96 t/ha (contre 4,06 t/ha le mois dernier), un net décrochage par rapport à 2012-2016 (-6,3 %). Le rendement est maintenu à 7,14 t/ha en maïs, relevé à 3,22 t/ha en colza (contre 3,17 t/ha en mai).

L’UE et les Etats-Unis affectés par une météo défavorable