Le fabricant de sirops destinés surtout aux cafés et aux restaurants, basé à Bourges, prévoit de compléter son implantation industrielle avec deux nouveaux sites au Brésil et en Inde afin de desservir des régions en plein développement. Très exportateur et déjà à la tête de sept usines dans le monde, Monin vient de mettre en production son usine en Russie.
L’export et la production décentralisée dans le monde entier restent plus que jamais d’actualité chez Monin. L’ETI familiale (108 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020) pilotée par Olivier Monin a décidé d’ouvrir deux nouveaux sites industriels bien loin de sa base de Bourges (Cher). « Nous allons ouvrir deux nouvelles usines, l’une au Brésil et l’autre en Inde, qui, étant donné la situation économique globale, verront le jour d’ici cinq ans », détaille Martin Monin, directeur de la communication et de la marque Monin pour la zone EMEA. Ces deux usines, dont la capacité n’est pas dévoilée, faciliteront la desserte des marchés locaux, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de liquides coûteux à faire voyager sur de très longues distances.
Ces nouvelles implantations vont compléter le réseau d’usines que compte déjà Monin dans le monde entier. La dernière ouverte cette année est en Russie, près de Moscou, « permet de desservir le marché russe, quatrième marché européen de Monin après la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne », explique Martin Monin. Une façon aussi d'être présent en tant que producteur, dans un pays qui a banni certains produits alimentaires européens et dont la monnaie connaît des fluctuations importantes.
Depuis les années 1990, Monin a ouvert des usines à l’étranger, d’abord en Floride, puis en Malaisie il y a dix ans et en Chine il y a quatre ans. En 2020, Monin a complété sa couverture des États-Unis en ouvrant un site de production dans le Nevada afin de mieux desservir les États de l’Ouest. Logiquement, la très grande majorité du chiffre d’affaires de la société est réalisée hors des frontières françaises.
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Se faire connaître aussi du grand public
Monin cultive toutefois son ancrage en France. À Bourges, la société est en train d’aménager dans le centre-ville un « pôle gourmand », espace pour mieux faire connaître son métier, surtout vis-à-vis du grand public, et celui du chocolatier Daniel Mercier avec qui elle s’est associée. Ce projet devrait voir le jour en 2022. En 2017, Monin a déménagé son usine du centre de Bourges pour la périphérie, d’où sortent chaque année environ 40 millions de cols destinés aux marchés européen, africain et moyen-oriental. « Nous menons actuellement un projet pilote pour que l’usine ne rejette plus aucun déchet liquide. Les résidus de la filtration des liquides seront destinés à un méthaniseur pour produire de l’énergie », explique Martin Monin. Ce projet, chiffré à un million d’euros, bénéficie d’une subvention publique.
En France, Monin s’adresse aux cafés, hôtels et restaurants, comme dans le monde entier, mais aussi au grand public. Monin a en effet repris il y a une quinzaine d’années le fabricant nordiste de sirop Maison Guiot, implanté en grandes surfaces, sur le créneau des sirops premiums. Pour se distinguer de la concurrence, « la Maison Guiot propose des innovations comme les sirops bi-parfums, une gamme réduite en sucre et depuis 2020, une gamme biologique », explique Martin Monin. Des innovations devraient voir le jour en 2022 sous la marque Maison Guiot qui fête ses 150 ans en 2021.
Chaque année, la R & D de Monin met au point de nouveaux produits pour répondre à sa cible de professionnels du cocktail et du café. « Pour les CHR en France, nous venons de lancer cette année cinq références de sirops Monin en version biologique dont le pur sucre de betterave qui est issu de betteraves biologiques cultivées en France », souligne Martin Monin. Les best sellers – grenadine, menthe, fraise, et pur sucre – composent cette première gamme diffusée en premier en France. « Même si l’offre biologique est encore limitée dans les CHR, nous voulons répondre à une demande émergente pour ces produits de la part de nos clients professionnels », souligne Martin Monin. Autre lancement : depuis deux ans, Monin a créé une nouvelle marque de cordial, Paragon, avec trois références de poivres. Une façon de faciliter le travail des barmen, et de leur fournir de l’originalité pour leurs créations. Monin s’est pour l’instant concentré sur trois poivres d’Ethiopie, du Cameroun et du Népal. Une façon aussi d’accompagner l’offre émergente de cocktails sans alcool.