Monoprix s'engage à ne vendre, pour le lait UHT sous marque de distributeur, que du lait produit par des vaches qui profitent d'un accès à la pâture pendant l'été. L'enseigne a reçu un prix de l'association CIWF en récompense.
Et soudain, en s'intéressant à la « ferme des 1 000 vaches », le consommateur découvrit qu'une vache pouvait passer son existence sans jamais fouler des sabots une verte prairie. Monoprix s'est saisi du sujet, pour en faire un argument commercial : l'enseigne ne proposera, pour le lait UHT vendu sous sa marque de distributeur, que du lait de vaches qui ont accès au pâturage pendant l'été. La démarche sera expliquée sur les briques de lait.
Le cahier des charges impose également aux exploitations de loger les vaches en stabulation libre, et d'obtenir de bons résultats à plusieurs indicateurs de bien-être animal (boiteries, mammites, état d'engraissement et taux de réforme).
C'est la Laiterie Saint-Denis de l'Hotel (LSDH, qui fabrique déjà le « lait équitable » de l'Apli) qui produit le lait sous marque de distributeur Monoprix. Des fermes ont été sélectionnées, et le processus est en cours, pour des briques de lait qui devraient arriver prochainement dans les rayons.
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L'image de la filière en danger
Monoprix et son fournisseur ont reçu en récompense un trophée « Vache d'or » de l'association de défense du bien-être des animaux d'élevages CIWF, le 6 novembre. « À l'heure où les élevages laitiers s'intensifient et où les vaches vont de moins en moins au pâturage, cette décision de Monoprix fait figure d'exemple en France », se réjouit Amélie Legrand, chargée des affaires agroalimentaires de CIWF. « Notre volonté est de faire du bien-être animal une opportunité, quelque chose de positif pour les entreprises », développe-t-elle.
La filière laitière bénéficie d'une image « terroir » forte, sur laquelle elle mise pour vendre ses produits : les fromages AOP de montagne participent à la valorisation de la poudre de lait vendue en Chine. Mais elle est confrontée à un dilemme : l'agrandissement des exploitations (entre 2008 et 2014, le quota moyen par exploitation a augmenté de 113 000 litres) entraîne souvent une intensification, que la caricaturale affaire « des 1 000 vaches », cette ferme géante dans la Somme, a jeté aux yeux des consommateurs. Le nombre de vaches qui n'a aucun accès à l'herbe n'est que de quelques pour cents en France. Mais Monoprix, réseau de magasins urbains, anticipe une demande sociétale à laquelle la filière va bien devoir s'intéresser.