Le producteur de whisky basé à Bordeaux vient de lever un million d’euros par l’intermédiaire de la plateforme de financement participatif Tudigo. De quoi faire décoller Moon Harbour qui parie sur des innovations comme la distillation du maïs, le whisky à partir d’orges fumées aux algues du bassin d’Arcachon et le vieillissement en barriques bordelaises fraîchement vidées de grands crus.
C’est un projet plutôt original que le public a décidé de plébisciter en finançant à hauteur de 1,02 million d’euros via la plateforme de financement participatif Tudigo. L’idée de départ des fondateurs consiste à élaborer des whiskys dans l’une des capitales de vin en mariant les atouts de la région et la tradition du scotch écossais. La distillerie s’est ainsi installée dans un lieu original, un ancien bunker datant de la Seconde guerre mondiale, situé sur le port fluvial de Bordeaux. Mais c’est surtout en termes de produits que la distillerie artisanale veut se démarquer. « Nous faisons vieillir notre whisky en barriques bordelaises fraîchement vidées de grands crus de pessac-léognan ou de sauternes », explique Yves Medina, qui travaille sur d’autres projets : un whisky élaboré à partir d’orges fumées aux algues du bassin d’Arcachon tout proche, ou encore un whisky issu de la distillation du maïs. Yves Medina a choisi pour ses premiers essais un maïs biologique de l’Ardèche, mais il compte bien s’approvisionner à l’avenir en maïs cultivé près de Bordeaux.
Recettes originales made in France
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Jean-Philippe Ballanger (p.-d.g. du fabricant de crèmes desserts et préparations pâtissières Jock) et Yves Medina, ex-dirigeant du secteur de l’informatique médicale, ont créé la société en 2014 avec un budget initial de 3 millions d’euros : 400 000 euros d’apports des fondateurs, 600 000 euros du fonds européen Feder et 2 millions d’euros empruntés à la Société générale. À l’issue de la levée de fonds auprès de Tudigo, 200 nouveaux actionnaires regroupés dans la holding Moon Shine possèdent environ 22 % de la société, tandis que le solde du capital se répartit entre les fondateurs, leurs épouses et Eric Davout (groupe Laporte). Avec le million d’euros supplémentaire, Moon Harbour entend poursuivre son développement : l’export, en prospectant notamment en Asie, la recherche et développement pour étendre le portefeuille de produits, et la construction d’un restaurant-bar sur le toit du bunker, dont l’ouverture est prévue pour 2020.
Les premières ventes de bouteilles ont permis de réaliser en 2017 un chiffre d’affaires de 700 000 euros, et la société prévoit 1,3 million d’euros en 2018. Le chiffre d’affaires, actuellement issu d’une activité de négoce et de finition, va se renforcer avec les ventes de spirit (vieilli 8 à 12 mois) et, à partir de 2020, du whisky distillé sur place en 2017 et vieilli trois ans, une obligation pour pouvoir revendiquer l’appellation whisky.