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Sucre Mouvements stratégiques dans l’industrie du sucre brésilien

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La seule journée du 30 mai a connu deux rapprochements de groupes industriels qui auront un impact fort sur l’industrie sucrière brésilienne. Le premier implique des sociétés purement nationales, tandis que le second voit l’arrivée d’un acteur majeur du négoce international, basé à Singapour.

Le conglomérat Cosan (pétrole, biocarburant, transport maritime, satellites) a annoncé l’intégration de sa division alimentation, dépendant de Cosan Alimentos, dans Camil Alimentos, un des leaders des produits alimentaires en Amérique. L’association des deux groupes donnera naissance à un acteur majeur dans le sucre, le riz et les produits de la pêche. Camil (anciennement connue sous le nom de Cooperativa Agricola Mista Itaquiense) est très présente au Brésil, Chili, et Uruguay, dans divers produits alimentaires, comme le riz, les pois et haricots. L’apport de Cosan complétera sa propre gamme de produits sucriers avec la marque União e Da Barra. Cet apport est prévu moyennant 345 millions de reals (138 millions d’euros) payés sur trois ans, une participation de 17,2% du capital de Comil et un siège au conseil d’administration. L’opération doit encore obtenir le feu vert des autorités de la concurrence (CADE).
Dans le même temps, la société de négoce de Singapour, Olam International, annonce avoir fait l’acquisition pour 255 millions de reals (102 millions d’euros) de la compagnie sucrière Usina Açucareira Passos et vouloir y investir 100 autres millions d’euros sur les cinq ans à venir, tant dans la production de canne que dans les capacités de broyage. Olam élargit ainsi ses sources d’approvisionnement en sucre, alors qu’il était jusqu’alors limité à l’Inde (2 raffineries), l’Indonésie (1 raffinerie) et prochainement le Nigeria. Le groupe ambitionne, selon son président Devashish Chaubey, de devenir l’un des leaders mondiaux sur le marché du sucre. Son opération au Brésil verra sa capacité de production de sucre passer de 1,75 à 3,0 millions de tonnes par an. Il compte servir le marché brésilien, mais aussi exporter, n’étant qu’à 480 kilomètres du grand port de Santos.
Cette annonce est la dernière d’une série qui a vu les grands noms du négoce international investir dans les provinces du centre et sud, principales régions sucrières du Brésil. On a ainsi vu des investissements du français Louis Dreyfus, du singapourien Noble Group et de l’américain Bunge, intéressés par le sucre mais également par la production d’éthanol, à l’instar du pétrolier anglo-néerlandais Shell.

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