Les résultats des élections municipales vont sans doute profondément influer sur la politique générale de la France. Les commentateurs et journaux de tous bords ont amplement décrit l'événement : claque pour la gauche, poussée du FN, désintérêt pour le politique montré par l'abstention etc. D'où sans doute un changement de gouvernement, un basculement d'alliances, des politiques de droite tentés par l'alliance FN, etc. Tous ces commentateurs font curieusement l'impasse sur quelques constatations mathématiques et géographiques. Par exemple :
D'une part, il est presque partout faux de parler de poussée du FN. Une analyse rapide des résultats dans quelques villes montre que le parti de Marine Le Pen subit lui aussi les effets de l'abstention par rapport au premier tour de la dernière élection présidentielle. Lui aussi perd des voix en valeur absolue, presque partout. Seulement il en perd moins que les autres partis ce qui augmente son poids relatif, son pourcentage. Mais ne parlons pas de « poussée » du Front national !
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En second lieu, regardons une carte de l'abstention dans cette élection. On s'aperçoit que celle-ci est nettement plus faible dans les zones plutôt rurales que dans les grandes villes. Ce sont les grandes agglomérations et leurs banlieues qui sont les championnes de l'abstention et font grimper la moyenne générale. Conclusion : lorsque le niveau d'exercice du politique est proche du citoyen, celui-ci a davantage tendance à voter. Ceci devrait calmer les ardeurs des réformateurs qui veulent à tout prix réduire le rôle des communes au profit des intercommunalités. Les citoyens risquent de se sentir moins proches de ces entités, moins intéressés à peser sur le choix des dirigeants. En somme, avant de tirer des conclusions trop hâtives, il est utile de pratiquer du bon sens mathématiques et de l'observation géographique.