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Naïo signe un partenariat avec Kioti

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Le robot Ted conçu par Naïo, seul enjambeur viticole autonome. Crédits : © Naïo

Naïo et Kioti Europe ont annoncé un partenariat stratégique et industriel visant à développer et déployer des solutions innovantes pour les agriculteurs.

Kioti Europe, marque mondiale d’équipements agricoles du groupe sud-coréen Daedong, et Naïo, spécialiste de la robotique agricole autonome viennent d’officialiser leur partenariat stratégique et industriel par la signature d’un protocole d’accord, lors de l’événement de lancement du Gofar Tour 2026, à Auzeville-Tolosane (31). « Le partenariat vise à développer et déployer des solutions innovantes répondant aux principaux défis de l’agriculture moderne, notamment la productivité, la pénurie de main-d’œuvre, la réduction de la pénibilité du travail des agriculteurs, ainsi que la transition vers des pratiques plus durables nécessitant moins d’intrants chimiques », est-il indiqué dans leur communiqué commun du 5 février 2026. 

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La première illustration de leur collaboration autour d’une plateforme robotique de nouvelle génération, devrait être dévoilée d’ici la fin de l’année 2026. « Naïo avait travaillé historiquement sur plusieurs prototypes, mais pour avancer sur des préséries, nous avons souhaité intégrer assez rapidement des partenaires industriels pour nous accompagner, notamment sur le sourcing des batteries, des chenilles ou encore des sous-ensembles mécano-soudés. Autant d’éléments qui historiquement ont pénalisé Naïo pour passer à l’échelle. Être accompagné par un partenaire sur ces sujets faisait vraiment partie de notre projet lors de la reprise de Naïo », nous explique Matthias Carrière (COO).

Un nouvel outil destiné aux cultures pérennes

Les préséries de cette nouvelle plateforme robotisée sont prévues pour 2027, avant l’industrialisation en vue de la commercialisation en 2028. Cet outil qui pourra intégrer des outils déjà utilisés dans les fermes, est destiné aux cultures pérennes et sera dans un premier temps destiné au marché européen. « Kioti peut nous aider à travailler sur le design et le sourcing pour nous permettre à terme d’avoir des machines à des prix accessibles pour les agriculteurs. Et le but de cette plateforme est qu'elle soit polyvalente, pour utiliser des outils qui sont déjà dans les fermes », ajoute le responsable. 

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Pionnier français de la robotique agricole et figurant parmi les leaders du secteur, Naïo, fondé en 2011 revient de loin. Affectée par la crise du machinisme agricole, la société a été placée en redressement judiciaire en juin 2025. Fin octobre, le Tribunal a accepté l’offre de reprise portée par Antoine Monville (CEO), entrepreneur et industriel toulousain expérimenté, spécialisé dans la gestion de projets technologiques et industriels et Matthias Carrière, directeur commercial chez Naïo pendant une dizaine d’années.

Pour se relancer, la société a bénéficié d’un plan de financement, comprenant un apport en fonds propres de 3,5 M€ du fonds Mirova, son partenaire de longue date, de 500 K€ de Bpifrance et de 200 K€ de la Région Occitanie, qui lui apporte également sa garantie pour des prêts bancaires. Entré dans une nouvelle phase de développement, Naïo a pour objectif d’atteindre l’équilibre opérationnel d’ici trois ans, avec une production de 100 robots par an et un chiffre d’affaires annuel de 11 M€ d’ici 2030. Le marché français de la robotique agricole devrait atteindre 3 Mrd€ d'ici 2030, (source: FranceAgriMer) tandis que le marché mondial pourrait atteindre 98 Mrd€ d'ici 2033 (source : Spherical Insights).