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Nouvelles valorisations Naissance d’une filière de miscanthus dans le sud de la Seine-et-Marne

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Un foyer de production, transformation et commercialisation de miscanthus est en train de se développer autour de Moret-sur-Loing, dans le sud de la Seine-et-Marne. C’est ce qu’a montré une journée organisée le 17 mars par l’Association française des journalistes agricoles (Afja). Le miscanthus, plante à fort rendement de biomasse à l’hectare, intéresse les filières agricoles car il nécessite peu d’intrants et de travail pour les producteurs et promet d’avoir de nombreuses utilisations en remplacement du pétrole et du charbon.

Dans le sud de la Seine-et-Marne, zone frappée par la désindustrialisation, les élus « commencent à vouloir intégrer l’agriculture dans la boucle des activités de remplacement. Le miscanthus est une des solutions », a souligné Patrick Billard, agriculteur, élu lui-même en tant que maire de la commune d’Épisy, près de Moret-sur-Loing, lors d’une journée organisée le 17 mars par l’Afja.
Sur 2 000 hectares de miscanthus en France, la Seine-et-Marne, avec 180 hectares, est un nouveau foyer de production, autour de l’association Biomasse environnement systèmes (Bes), présidée par Patrick Billard.

Des soutiens régionaux et un appui des betteraviers
Cette association a obtenu un financement de 32 000 euros de la région Ile-de-France sur les années 2009-2010, pour le matériel spécifique requis pour la culture du miscanthus, notamment la planteuse. Elle a obtenu un financement de 180 000 euros de la communauté de communes de Moret, à travers les travaux d’un consultant qui a mené des recherches en collaboration avec Peugeot et Total. L’association Bes a par ailleurs le soutien des betteraviers, à travers leur association France Miscanthus. Le miscanthus, encore appelé « herbe à éléphant », est mis en avant par les betteraviers car c’est un moyen de remplacer les combustibles fossiles dans les sucreries-distilleries, comme au Brésil où c’est la combustion de la bagasse de canne qui fait tourner les usines, produisant chaleur et électricité. Un des mobiles des betteraviers dans leur soutien au miscanthus est l’amélioration du bilan énergétique de l’éthanol.

Une retombée de la réforme sucrière
Un autre de leurs mobiles est la diversification des cultures betteravières, suite à la réforme sucrière européenne qui entraîne un recul de la sole betteravière. La réforme sucrière prévoit des fonds pour la diversification, entre autres vers le miscanthus, a indiqué Nicolas Rialland, directeur de France Miscanthus et chargé des biocarburants et nouvelles valorisations à la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). France Miscanthus est présidée par Alain Jeanroy, directeur général de la CGB.
Avant d’équiper les sucreries-distilleries, le miscanthus sud-seine-et-marnais ira conforter l’approvisionnement en combustible de la chaufferie collective de Montereau, qui, fin 2010, remplacera le pétrole par de la biomasse. Cette biomasse sera composée à 85% de plaquettes forestières et à 15% de miscanthus, a précisé la Chambre d’agriculture de Seine-et-Marne.

Vers des débouchés dans les bioplastiques
En dehors du débouché énergétique du miscanthus, ses promoteurs songent à des valorisations « plus intéressantes que la thermie (l’énergie) », a indiqué Patrick Billard. Le débouché le plus immédiat et le plus proche est celui des litières pour chevaux, près de Fontainebleau où se concentre de nombreux clubs hippiques. Un débouché commence à être développé, sous l’impulsion de Bes : la production de paillages pour massifs de jardins de particuliers et surtout de collectivités vendus en sacs de 100 à 200 litres.
D’autres débouchés sont dans les cartons de Bes : l’utilisation de la plante comme biomatériaux et comme bioplastique rigide.
Au niveau agronomique, l’avantage de la plante est qu’elle ne nécessite que peu de travaux aux champs : pas de traitement fongicide, presque pas d’engrais. En outre, comme la récolte a lieu en février-mars, les entreprises de travaux agricoles louent sans difficultés des ensileuses. Le rendement est d’environ 10 tonnes /hectare. La tonne est vendue 60 euros, plus un complément de 20 euros mis au point par Bes, soit 80 euros la tonne.

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