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Nasekomo lève des fonds avant de lancer sa première usine franchisée de bioconversion par l’insecte

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Trois des fondateurs de Nasekomo (de gauche à droite) : Marc Bolard, Olga Marcenac et Xavier Marcenac Crédits : © Nasekomo

La start-up bulgare de protéines d’insectes Nasekomo vient de lever 8 millions d’euros pour passer sa technologie à l’échelle. Elle entend créer un vaste réseau d’usines franchisées pour convertir les biodéchets en protéines d’insectes à destination de l’élevage et de l’agriculture. 

En Europe, l’élevage de mouches soldat noires se développe rapidement à l’échelle industrielle grâce à la capacité de ces insectes de transformer rapidement la matière organique humide en protéines. Parmi les start-up de cette filière innovante, Nasekomo (« insecte » en bulgare) vient de lever 8 millions d’euros en financement de série A. Ce tour de table a été mené par le fonds bulgare de capital-investissement Invenio Partners, aux côtés d’investisseurs particuliers. 

Fondée par deux couples de Français installés en Bulgarie, Xavier et Olga Marcenac, respectivement directeur exécutif et directrice des opérations, et Marc (président) et Céline Bolard, la société s’est spécialisée dans l’élevage de mouches soldat noires pour fournir des protéines, de l'huile et des engrais aux industries de l'alimentation animale et de l'agriculture. 

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Aujourd’hui, Nasekomo contrôle toutes les étapes de la chaîne de valeur de la bioconversion par l’insecte, en partant de l’amélioration génétique des souches grâce à Fly Genetics, une coentreprise lancée en 2020 avec le français Grimaud. Nasekomo assure ensuite la reproduction des insectes pour fournir l’ensemble de leurs clients, ainsi que la bioconversion de la biomasse organique avant la transformation et production des produits finis. Mais à terme, la start-up entend se focaliser sur la sélection génétique et la reproduction, laissant les étapes suivantes à ses futurs clients. Son modèle économique sera basé sur un modèle de franchise, dans lequel Nasekomo fournira son réseau d’usines franchisées en œufs de mouches soldats noires prêtes à être engraissées. « En plus de limiter les risques, l’avantage de ce modèle est qu’il permet une croissance rapide », explique Marc Bolard. 

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Faire la différence grâce à la robotique et l’IA

Et Nasekomo compte utiliser l’IA pour collecter, analyser et restituer les données de l’ensemble du réseau afin de fournir aux franchisés « un modèle plus robuste et efficace », constamment mis à jour. Depuis deux ans, la société basée à Sofia travaille en partenariat avec Siemens Bulgarie pour développer son modèle d’usines de production d’insectes. « Ils nous aident à mettre au point notre usine standard adaptée à l’IA », continue Marc Bolard. « Une fois ce standard établi, nous pourrons le répliquer rapidement dans notre réseau de franchises. » 

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Sa première usine franchisée doit ouvrir en 2025 en Bulgarie. Avec sa production largement robotisée et automatisée, elle aura une capacité de bioconversion « d’environ 100 000 tonnes de matière organique par an », assure Marc Bolard. Le site servira surtout de test grandeur nature pour la technologie de Nasekomo, avant le développement de ces usines franchisées dans les pays frontaliers, à commencer par la Roumanie, puis le reste de l’Europe. « D’ici 2 à 3 ans, nous pensons nous lancer en Asie et en Amérique », explique encore le cofondateur. Pour financer son développement et la poursuite de ses recherches, Marc Bolard envisage une nouvelle levée de fonds pour la fin de l’année 2024, afin de « concrétiser le projet de franchise et atteindre notre objectif de mise en production ».