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Natureplast met au point des polymères pour mieux valoriser les coproduits agricoles

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Natureplast intègre des coproduits agricoles pour fabriquer des bioplastiques. Crédits : © Natureplast

Fabricant de bioplastiques intégrant des coproduits agricoles ou maritimes, le normand Natureplast développe aujourd’hui des bio-composites par fermentation à partir de ces mêmes matières premières. Pour ces biocomposites, les débouchés vers l’emballage alimentaire ne sont pas possibles, mais le sont à l'inverse pour les cosmétiques notamment.

Il existe de multiples façons de valoriser les coproduits des terroirs et des littoraux normands, et Natureplast est bien placé pour le savoir. La société basée à Caen (Calvados) s’est d’abord fait un nom dans l’intégration de nombreux coproduits pour obtenir des bioplastiques. « Nous intégrons des composants issus de l’agriculture comme de la paille, des résidus de la transformation du maïs, des écarts de tri de semences et de l’anas de lin, ou de la pêche comme les coquilles Saint-Jacques, d’huîtres ou de moules », explique Guillaume Lebouteiller, DGA de Natureplast, société dont la coopérative normande Agrial détient une part minoritaire du capital. Il est ainsi possible d’intégrer jusqu’à 30% de coproduit dans un bioplastique. Par exemple, pour les coquilles Saint Jacques, celles-ci sont finement broyées jusqu’au stade de la particule pour s’intégrer dans un mélange de matières et former un bioplastique.

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Aujourd’hui, Natureplast veut aller plus loin en s’appuyant sur son laboratoire interne afin de créer de nouveaux polymères par fermentation. « Il est possible de partir des eaux usées, des boues d’épuration, mais aussi de l’amidon, des écarts de tri de semences de céréales, de cellulose ou d’alginate et de carraghénanes dérivées des algues, autant de composants qui peuvent être plastifiées », détaille Guillaume Lebouteiller. Mais la mise en place de cette production se heurte à la question de la filière d’approvisionnement. « Si le lin et le chanvre ont bien des filières organisées, c’est plus complexe pour d’autres coproduits pour lesquels la collecte n’est pas facilitée », souligne Guillaume Lebouteiller. 

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Nouveaux locaux à Caen

Mais tous les débouchés ne sont pas possibles. « Pour l’emballage alimentaire, les composants que nous utilisons ne sont pas toujours autorisés pour emballer des denrées alimentaires, mais cela est tout à fait possible pour les cosmétiques, la fabrication d’équipement de sport et loisir, de coques de téléphone, de pots de fleurs ou encore d’agrafes pour la vigne », poursuit Guillaume Lebouteiller. La boucle allant de la matière première alimentaire à l’emballage alimentaire ne peut donc pas se concrétiser.

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A l’avenir, Natureplast veut poursuivre sa R&D en direction de la valorisation des coproduits locaux, en explorant d’autres sources pouvant être mobilisées pour la fabrication de bioplastiques, comme les chutes de découpe du cuir, les drêches de bière ou encore les coquilles d’œuf. La société s’est installée dans de nouveaux locaux fin 2022 à Caen, sur 1000 m2, pour un coût d’investissement de 1,5 million d’euros. C’est là où travaillent les 18 salariés de la société, dont les deux tiers en R&D et en production.