La décision attendue du gouvernement sur les NBT (nouvelles techniques de sélection) peut mettre en difficulté « toute la chaîne alimentaire » par de possibles restrictions aux importations de colza, a alerté le 4 novembre l’UFS (semenciers).
Cela ne concerne « pas uniquement le secteur semencier », a souligné en conférence de presse le président Claude Tabel, mais « toute la chaîne alimentaire ». Le ministère de l’Agriculture est pris, selon lui, entre deux feux : d’un côté, le Conseil d’Etat a jugé en février que certains organismes obtenus par mutagénèse doivent respecter la réglementation OGM, de l’autre la Commission européenne a, dans un avis circonstancié cet été, qualifié un projet de décret français non-conforme au droit de l’UE. Au vu de la décision des Sages le 7 février, certaines variétés entrent dans le champ de la directive européenne de 2001 sur les OGM et doivent être retirées du catalogue des variétés. « Environ 5 % » de la production de semences de colza sont dans le collimateur, d’après Claude Tabel, aucun tournesol. Problème, l’industrie de transformation utilise ces oléagineux pour produire de l’huile, du tourteau, avec un approvisionnement surtout national mais aussi européen et même de pays tiers. Du colza pourrait être classé OGM en France, pas en Allemagne, avec au final une interdiction d’importer, craint-il.
Les bénéfices attendus des NBT
Une étude, conduite par le syndicat européen Euroseeds, montre l’intérêt porté aux NBT. Les semenciers en attendent des bénéfices assez proches de ceux escomptés avec la sélection traditionnelle. Arrivent en tête la valeur agronomique (25 %), la tolérance aux maladies et ravageurs (23 %), l’alimentation et qualité nutritionnelle (18 %), comme par exemple la recherche de variétés de blé comportant du gluten moins allergène, de potagères avec de meilleures qualités gustatives. Viennent ensuite la tolérance au stress environnementaux (15 %), des applications industrielles (9 %), par exemple des pommes de terre à teneur réduite en composés « gênants » pour la fabrication de frites. « Les nouvelles technologies doivent venir compléter la boîte à outils des sélectionneurs pour répondre aux défis » du secteur, considère Claude Tabel. Plusieurs obstacles sont identifiés dans l’enquête : les coûts et délais d’homologation en tant qu’OGM, l’« imprévisibilité » de la réglementation européenne, l’acceptation sociétale. Dans ce contexte, « des programmes de recherche sont stoppés, reportés, testés en dehors de l’Union européenne », déplore Claude Tabel.
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Face à ces écueils, l’UFS met en avant le poids de la filière semences. Elle affiche en 2019-20 une balance commerciale record, qui dépasse pour la première fois la barre du milliard d’euros, à 1,024 Mrd€ (7,5 %). La France reste le premier producteur européen, le premier exportateur mondial de semences.
« Environ 5 % » du colza dans le champ de la directive OGM