La Roumanie a fait pression lors de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE le 27 mai, pour la réintroduction de dérogations à l’utilisation en traitements de semences des trois principaux insecticides néonicotinoïdes interdits (clothianidine, thiamethoxame et imidaclopride) « jusqu’à ce que des produits de substitution soient découverts ». Mais la commissaire Mairead McGuinness, qui représentait l’exécutif européen, a rappelé que suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’UE, les autorisations d’urgence pour ces molécules ne sont plus conformes. Il n’existe « plus aucune base juridique » pour le permettre, a-t-elle insisté, invitant le ministre roumain à discuter avec ses voisins pour trouver des solutions alternatives. Mais la Roumanie estime qu’une modification de la réglementation secondaire est indispensable « pour pouvoir traiter les semences dans les zones ou la densité de ravageurs dans les sols entraîne des dégâts considérables ». « Faute de traitement de semence pour l’orge, le tournesol ou le blé, la compétitivité des agriculteurs européens se dégrade alors que les importations ne sont pas soumises aux mêmes contraintes », a souligné le ministre roumain, Florin-Ionut Barbu. Cette démarche a été soutenue par quelques États membres (Slovaquie, Portugal, Pologne) mais d’autres s’y sont au contraire fermement opposés (France, Allemagne, Espagne, Pays-Bas).
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La Commission européenne est déjà en train de finaliser son interprétation du jugement de la Cour de justice de l’UE concernant les dérogations accordées à l’utilisation des néonicotinoïdes par les États membres. Bruxelles envisage une lecture stricte de cet arrêt qui empêcherait donc les dérogations accordées à toutes molécules « expressément interdites » pour des questions de santé ou d’impact environnemental. Son projet de texte a commencé à être discuté lors de la réunion des experts nationaux les 22 et 23 mai.