Abonné

Néonicotinoïdes : l’arrêté de dérogation pour 2022 mis à la consultation

- - 3 min

Conformément à la loi du 14 décembre 2020 autorisant temporairement les néonicotinoïdes pour la betterave, un projet d’arrêté sur leur utilisation en 2022 est mis à la consultation jusqu’au 16 janvier.

Cette nouvelle dérogation « pour une durée de 120 jours », comme lors de la campagne écoulée, vise l’emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam. « Les conditions d’octroi d’une dérogation pour 2022 sont réunies », d’après un communiqué du gouvernement, pour lequel la filière « demeure économiquement fragile » après une jaunisse catastrophique en 2020. Elle est assortie, vu les avis de l’Anses dont celui du 13 décembre, de « restrictions sur les cultures qui peuvent être implantées les années suivantes afin de réduire l’exposition des insectes pollinisateurs aux résidus éventuels de produits », souligne-t-il. Et le ministère de l’Agriculture de préciser dans le dossier de consultation : « L’Inrae conclut qu’il n’est raisonnablement pas possible d’écarter l’hypothèse selon laquelle il y aura en 2022 une arrivée de pucerons suffisamment précoce, susceptible d’engendrer une fréquence significative de viroses avec une incidence négative sur le rendement en sucre de la betterave sur une part importante de la zone de culture. »

Recherche d’alternatives

Les alternatives aux néonicotinoïdes « ne sont pas encore utilisables pour les semis 2022 », selon le gouvernement. « Un important effort de recherche » leur est consacré. Le conseil de surveillance, qui a donné le 21 décembre un avis favorable au projet d’arrêté, note « l’avancée notable des travaux » dans le cadre du PNRI (plan national de recherche et d’innovation).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

gouvernement
Suivi
Suivre

Reste un casse-tête pour les betteraviers, celui des successions culturales que le projet d’arrêté restreint. Dans un avis le 13 décembre, l’Anses estime que « les informations disponibles ne permettent pas de proposer un retour plus précoce dans la rotation pour les cultures de pomme de terre, de lin (fibreux et oléagineux), de pois (protéagineux et de conserve) et de cultures légumières mellifères ». L’agence sanitaire conclut que les producteurs doivent attendre au moins deux ans pour la pomme de terre (comme pour le maïs) ou trois ans pour le reste (idem pour le colza, le tournesol, ou encore la luzerne) avant de les implanter dans des parcelles ayant été ensemencées avec des betteraves enrobées. Cet avis, précise l’Anses, est issu des données transmises par plusieurs instituts techniques, dont celui de la betterave (ITB) et des oléoprotéagineux (Terres Inovia). Les éléments du fabricant Syngenta, tout comme ceux d’Arvalis « n’ont pas été pris en considération pour l’instruction de cette saisine », ayant été envoyés trop tard. De même, la société Bayer, qui fabrique l’imidaclopride, « n’a pas donné suite à la demande de l’Anses ».

« Les conditions d’octroi d’une dérogation pour 2022 sont réunies »