Les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen soutiennent le projet de la Commission européenne de renforcer encore les restrictions déjà imposées aux trois insecticides néonicotinoïdes imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine. L’eurodéputée Julie Girling (conservateurs, Royaume-Uni) a vu ses trois propositions d’objection aux projets de Bruxelles rejetées par ses collègues lors d’un vote le 22 juin. Celle-ci estimait que les données scientifiques ne sont pas suffisantes pour justifier que ces trois molécules ne soient plus utilisées que pour les cultures sous serre comme l’envisage Bruxelles (1). Dans une lettre adressée aux parlementaires de la commission de l’environnement, l’Association européenne des produits de protection des plantes (ECPA) leur demandait de soutenir ces trois objections, soulignant que le projet de proposition de la Commission européenne aurait des conséquences dévastatrices sur le secteur agricole.
Mais la Commission européenne, au contraire, estime que les dernières études de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ont permis d’identifier de nouveaux risques pour les abeilles liés à l’utilisation de ces substances, en particulier pour la clothianidine et l’imidaclopride. Pour le thiaméthoxame, les données transmises par Syngenta qui produit cette substance ont été jugées insuffisantes pour effectuer un examen approfondi. Dans une lettre du 8 juin, en réponse aux inquiétudes du Copa-Cogeca, le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, confirme donc que la Commission a présenté des projets de texte pour discussion avec les États membres qui prévoient de nouvelles restrictions et que « le processus officiel de prise de décision est en cours ».
Par ailleurs, l’Efsa doit encore rendre fin de 2017 à la Commission européenne un rapport global sur les insecticides néonicotinoïdes qui pourrait conduire à proposer une modification des conditions d’approbation des produits phytosanitaires afin de mieux prendre en considération leur impact sur les abeilles.
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(1) Voir n° 3589 du 03/04/2017
Pas de baisse significative de la production depuis 2013
Les premiers résultats de l’enquête menée par le Centre commun de recherche de la Commission européenne (qui est encore en cours d’évaluation avant publication dans une revue scientifique) sur l’impact des restrictions imposées depuis 2013 par Bruxelles sur l’usage de trois insecticides néonicotinoïdes montrent que « les agriculteurs ont signalé que la superficie cultivée et le rendement moyen n’étaient pas significativement affectés dans la plupart des cas ». Selon ces travaux, presque tous les agriculteurs ont cessé d’utiliser les trois molécules concernées (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine). Ils ont soit opté soit pour des semences non traitées soit pour des semences traitées avec d’autres produits phytosanitaires autorisés. Les traitements foliaires ont augmenté dans certains cas et l’utilisation d’insecticides pyréthrinoïdes a augmenté. L’étude souligne que d’autres pratiques de lutte antiparasitaire ont également été adoptées, par exemple une augmentation de la densité de semis ou des opérations de dépistage des ravageurs plus fréquentes.