Suivant un avis attendu de l’Anses, le ministère de l’Agriculture annonce la mise en consultation publique, entre le 4 et le 25 janvier, du projet d’arrêté autorisant provisoirement des néonicotinoïdes pour la betterave.
C’était un document très attendu par la profession. L’Anses a rendu le 23 décembre son avis sur les conditions d’utilisation des néonicotinoïdes bénéficiant d’une dérogation. C’est sur la base de cette expertise que les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture devaient s’appuyer pour écrire leur arrêté d’application de la loi autorisant les néonicotinoïdes en betterave sucrière. La Rue de Varenne n’a d’ailleurs pas tardé, en soumettant le projet de texte à consultation publique en ce début d’année.
Selon ce texte, "la mise sur le marché et l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées avec des néonicotinoïdes sont autorisées pour deux substances actives, imidaclopride ou thiamethoxam, et pour une durée de 120 jours ».
Si les risques avec la betterave elle-même sont faibles pour les pollinisateurs, rappelle l’Anses, « un risque élevé a été identifié » avec le thiamethoxam et l’imidaclopride dans les cultures suivantes, et plus particulièrement pour les bourdons. Citant les résultats de l’Efsa, ainsi que des auditions des instituts techniques de l’abeille (Itsap) et de la betterave (ITB), l’agence propose d’implanter uniquement des cultures non attractives pour les pollinisateurs après la betterave.
Une liste de cultures autorisées
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Après la betterave, il est possible d’implanter : l’année suivante, avoine, blé, choux, cultures fourragères non attractives, cultures légumières non attractives, endive, fétuque (semences), moha, oignon, orge, ray-grass, seigle ; deux ans après, chanvre, maïs, pavot/œillette, pomme de terre ; trois après, colza, cultures fourragères mellifères, cultures légumières mellifères, féverole, lin fibre, luzerne, moutarde tardive, phacélie, pois, radis, tournesol, trèfle, vesce, selon le projet d’arrêté. D’autres conditions sont posées, conformément à l’avis de l’Anses : limiter la floraison des adventices dans les cultures suivantes, restreindre l’implantation des cultures intermédiaires après la culture suivante « à des cultures peu attractives pour les abeilles et les autres pollinisateurs ».
Le retour des néonicotinoïdes est justifié par un « danger sanitaire » : « Il n’est pas possible d’écarter l’hypothèse que 2021 soit semblable à 2020, en matière de risques de virose sur la betterave sucrière en France », d’après une évaluation de l’Inrae, en lien avec l’ITB. Leur conclusion repose sur trois critères. L’analyse des populations de pucerons et des réservoirs viraux cet automne confirme qu’« au seuil de l’hiver 2020-21, un potentiel de contamination existe ». De plus, les prévisions climatiques saisonnières montrent des températures proches de la normale en début d’hiver, supérieures à la normale en fin d’hiver, favorisant la capacité de survie des pucerons.
L’Inrae pointe le risque de virose comparable à 2020