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Nestlé et Cargill veulent utiliser les coques de cacao pour fabriquer des engrais

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Des granulés d'engrais fabriqués à partir de coques de cacao utilisés dans des champs de blé. Crédits : © Nestlé

Réduire son empreinte carbone en utilisant ses propres déchets est à l’origine de projet collaboratif pilote associant Nestlé et Cargill d’une durée de deux ans qui utilise la savoir-faire de la société CCm Technologies pour produire un engrais durable à faibles émissions à partir de coques de cacao.

Nestlé Royaume-Uni et Irlande et Cargill ont annoncé le 11 septembre 2023, le lancement d’un projet pilote collaboratif « pour évaluer si les coques de cacao d'un site de confiserie à York pourraient être utilisées pour créer un engrais à faible teneur en carbone », lit-on dans le communiqué du groupe suisse. Les essais pour la fabrication de cet engrais à faible émissions utilisent la technologie mise au point par la société CCm Technologies. Le process mis au point par cette société convertit le dioxyde de carbone, l'ammoniac et les phosphates capturés provenant des flux de déchets industriels, agricoles et aquatiques et les transforme en granulés d'engrais stables à valeur ajoutée. Ceci contribue à réduire les émissions et l’empreinte des déchets de secteurs tels que l’alimentation, l’agriculture, les eaux usées, les matériaux avancés et le stockage d’énergie.

Dans le cadre de ce projet, les coques de cacao proviendront des installations de Cargill, qui transforme cette matière première dans ses installations de York. Prévus sur deux ans, les essais innovants en cours sont réalisés à partir d’un volume de coques de cacao traité et granulé par CCm Technologies. Ils se déroulent dans deux fermes au Royaume-Uni, qui fournissent du blé aux usines Nestlé pour la production de céréales pour petit-déjeuner et d’aliments pour animaux de compagnie. Ces essais doivent permettre d’évaluer les performances de l'engrais en termes de production agricole, de santé des sols et de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). « En cas de succès, jusqu'à 7 000 tonnes d'engrais à faible teneur en carbone pourraient être produites et proposées aux agriculteurs de la chaîne d'approvisionnement en blé de Nestlé au Royaume-Uni. Cette quantité d'engrais équivaut à environ 25 % de la consommation totale d'engrais de Nestlé UK pour le blé », explique Nestlé.

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Des essais encourageants

Richard Ling, directeur d’une ferme fournissant du blé à Nestlé Purina, indique ne pas avoir constaté de différence significative de rendement entre un champs utilisant de l’engrais à base de cacao et l’autre de l’engrais conventionnel. « C’est un changement radical que de pouvoir utiliser un engrais fabriqué à partir d'un flux de déchets et d'obtenir les mêmes résultats qu'avec un produit conventionnel », témoigne-t-il.

En 2020, CCm Technologies avait noué un partenariat avec le fabricant de chips Walkers (groupe Pespico), l'un des plus gros acheteurs de pommes de terre britanniques, pour l’aider à réduire son empreinte carbone en transformant ses déchets de pommes de terre en engrais. Walkers prévoyait même d’installer l'équipement de CCm dans son usine de Leicester, en le connectant au digesteur anaérobie de l'usine, qui utilise les déchets alimentaires pour produire près de 75 % de l’électricité utilisée et dont les sous-produits serviraient à créer l’engrais. PepsiCo envisageait également de développer ce type d’engrais circulaire « à d'autres marchés européens et d'autres cultures, comme l'avoine et le maïs » indiquait-il dans son communiqué.