Le géant coopératif prévoit de commercialiser de premières variétés NGT en 2029, en donnant la priorité au maïs et au blé. Il envisage aussi de reprendre son activité de vente de pesticides, si la loi le permet.
Si la proposition de loi Entraves abroge, comme cela est prévu dans la version adoptée au Sénat, la séparation de la vente et du conseil des pesticides, Limagrain envisage de revenir sur sa décision de privilégier le conseil plutôt que la vente de produits phytos, a indiqué Sébastien Chauffaut, directeur général de Limagrain, le 18 mars lors d’un entretien organisé par l’Afja (association de journalistes agricoles). La coopérative était l’une des rares entreprises, avec Euralis, à avoir privilégié le conseil à la vente. En 2021, l’activité vente des phytos et des engrais de la coopérative avait été cédée au négoce Proxiel. Limagrain avait réduit ses parts dans ce négoce de 35 % à 10 % pour se mettre en conformité de la loi Egalim (le reste étant détenu par Sanders). « Aujourd’hui nous allons faire évoluer notre dispositif car nous nous sommes rendu compte que cela nous avait éloignés des exploitations », a expliqué Sébastien Chauffaut. « Nos techniciens passent moins souvent sur les exploitations, ce qui n’est pas bon pour notre coopérative, et pour le développement des surfaces de production », a-t-il précisé.
NBT : priorité au blé et maïs
Sébastien Chauffaut se dit « plutôt rassuré » par la position adoptée par les représentants des États membres de l’UE sur les NGT le 14 mars. Il reste toutefois méfiant tant que le trilogue n’a pas rendu ses conclusions : « Il faut que ce soit repris de manière pragmatique sans qu’il n’y ait pas de freins induits » par d’éventuels changements de réglementation. Quant aux brevets, « la position nous convient, à condition que ces brevets soient disponibles sur des plateformes, et que les licences soient mises sur le marché à la disposition de l’ensemble des acteurs », a-t-il précisé. Limagrain, 4e semencier mondial avec 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a déjà intégré les NGT dans ses programmes de recherche (311 M€ de R & D par an).
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« Nous avons commencé en 2017 à utiliser cette technologie, et nous sortirons nos premières variétés éditées d’ici 2029, a expliqué Sébastien Chauffaut. Les espèces concernées sont le blé et le maïs en priorité, ainsi que le colza et la tomate. Cela ne peut être dirigé que vers des espèces à gros volumes de ventes car les budgets à mobiliser sont conséquents. Les travaux portent sur les tolérances et résistances aux maladies (70 % de nos efforts), ainsi que la qualité intrinsèque (en particulier nutritionnelle) et la productivité, et nous visons l’ensemble des continents. » Limagrain possède aujourd’hui 6 000 variétés au niveau international et en dépose 400 variétés par an.