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UE/Droits de plantation Nicolas Sarkozy à la rescousse des vins d’appellation

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La prise de position contre la libéralisation des droits de plantation de la vigne du président français Nicolas Sarkozy satisfait les membres de l’Association Efow représentant le secteur des vins à appellation d’origine (1). Celle-ci se félicite de cette prise de position et appelle les gouvernements français et allemand à franchir un pas supplémentaire en se mobilisant sur la scène européenne. L’entrée en vigueur au 1er janvier 2016 de la suppression des droits de plantation alarme les professionnels du secteur qui ont décidé de se mobiliser pour réguler la production de vin sur le marché européen.

Dans ses vœux au monde agricole formulés à Mittelhausen (Alsace), le président français Nicolas Sarkozy a, à son tour (2), exprimé son opposition à la libéralisation des droits de plantation de la vigne. Il a plaidé en faveur du système de gestion du potentiel de production viticole et s’est dit « opposé à la libéralisation des droits de plantation » en évoquant les menaces qu’une telle mesure ferait peser sur ceux qui ont multiplié les efforts pour améliorer la qualité des vins. Les membres de l’association Efow, représentant les producteurs de vins avec appellation d’origine, ont vivement salué cette prise de position et ont invité les gouvernements français et allemand à aller de l’avant pour réclamer la réintroduction d’un système de régulation du potentiel de production pour toutes les catégories de vin. Les membres d’Efow dénoncent, depuis plusieurs mois, la disparition programmée au niveau communautaire de l’encadrement des droits de plantation. « En autorisant tout un chacun à planter de la vigne où bon lui semble, l’Union européenne prend le risque de déstabiliser l’ensemble du marché et de la filière viticole », souligne cette association. Celle-ci estime que la prise de position de Sarkozy, qui intervient dans le prolongement de celle d’Angela Merkel en avril 2010, « est de nature à rassurer les viticulteurs français et européens et envoie un signal fort aux autres Etats membres de l’Union européenne ».

Trouver une majorité
Efow tient à souligner que les enjeux se situent sur la scène européenne et qu’il est nécessaire de réunir une majorité d’Etats membres pour revenir, avant le 1er janvier 2016, sur le principe de libéralisation des plantations. Les gouvernements français et allemand doivent donc s’employer dès à présent à convaincre leurs homologues pour parvenir à dégager une position commune. Cette mobilisation est importante dans la perspective du rapport d’étape que la Commission doit rédiger en 2012 sur l’OCM vin et de la réforme qui devra suivre. Le président d’Efow, Riccardo Ricci Curbastro, s’est réjouit de la prise de position de Sarkozy en affirmant : « Nous connaissons la force d’entraînement du couple franco-allemand et nous espérons que d’autres Etats membres se rallieront à cette cause très prochainement. A présent nous attendons que les prises de paroles françaises et allemandes débouchent sur des actes concrets au niveau européen ».

(1) EFOW est une association basée à Bruxelles qui représente les vins avec appellation d’origine ou indication géographique auprès de l’UE. Elle milite pour une meilleure protection et promotion des vins d’origine tant au sein de l’UE qu’à travers le monde. Les membres d’EFOW sont les associations nationales en charge des vins d’origine en Espagne (CECRV), en France (Cnaoc), en Hongrie (HNT), en Italie (Federdoc) et au Portugal (IVDP).
(2) La chancelière allemande Angela Merkel l’a fait bien avant lui, en avril 2010.

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