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Politique Nicolas Sarkozy plaide pour une organisation agricole internationale

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Le président Nicolas Sarkozy a poursuivi le 25 novembre dans l’Allier son tour de France agricole pour tenter de réconforter un secteur touché de plein fouet par la crise. Au menu : visite d’exploitation et table ronde sur l’agriculture et la ruralité. Nicolas Sarkozy s’est dit favorable à la création d’une organisation agricole internationale pour anticiper les besoins de production dans le monde, lors d’une visite au Mayet-de-Montagne dans l’Allier. Il compte profiter de sa présidence du G20 pour apporter des solutions aux agriculteurs.

C’est la septième fois depuis la défaite de son camp aux élections régionales, en mars, que le président de la République consacre un déplacement au monde agricole. Après l’Aveyron, la Provence, l’Oise ou encore l’Essonne, Nicolas Sarkozy a choisi l’Auvergne, où son ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, avait été chahuté lors du Sommet de l’élevage en 2009 par des éleveurs en colère. Cette année, Bruno Le Maire a purement et simplement annulé sa visite face au risque de manifestations. Le chef de l’Etat, pendant la visite d’un élevage de charolaises à Isserpent, et lors d’une table ronde avec des agriculteurs et élus de la région au Mayet-de-Montagne, n’a pas connu ce genre de déboire.
Nicolas Sarkozy s’est dit favorable à la création d’une organisation agricole internationale pour anticiper les besoins de production dans le monde. Il serait « utile d’avoir une organisation agricole internationale qui fasse le point sur les perspectives de production », a-t-il lancé au cours d’une table ronde sur l’agriculture et la ruralité. « Il n’est pas utile que (...) nous plantions tous au même moment les mêmes choses, ce qui fait qu’on ne cesse de passer de périodes de surproduction, qui écroulent les cours, à des périodes de sous-production, qui affolent la spéculation », a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a énuméré ses priorités pour l’agriculture durant sa présidence du G20, qui a débuté le 12 novembre pour un an : « Préférence communautaire, régulation des marchés, réforme de la Pac avec plus de justice, c’est-à-dire que les subventions aillent à ceux qui en ont le plus besoin ».

Une concurrence équitable
Une fois de plus, comme à chacune de ses interventions agricoles, le président a défendu la préférence communautaire. « Je n’ai pas l’intention d’accepter qu’en Europe rentrent des viandes d’Argentine (...) ou de tout autre pays qui ne répondent nullement aux normes sanitaires que nous imposons à nos éleveurs en France et en Europe », a-t-il martelé. « La préférence communautaire, ce n’est pas pour faire du protectionnisme. C’est s’assurer que les agriculteurs européens seront au même niveau de concurrence que les autres », a-t-il ajouté. Bruno Le Maire va réunir au premier semestre 2011 les ministres de l’Agriculture du G20 pour travailler notamment « sur ces propositions », a assuré le président.
Nicolas Sarkozy a plaisanté, sur le terme « omni-président », dont il est régulièrement affublé, affirmant que cela entraînait des « omni-embêtements ». « Le matin, quand je me lève, il me faut un moral fantastique », a poursuivi le chef de l’Etat qui venait d’être questionné par des participants à la table ronde sur différents sujets, de la crise dans le monde agricole, notamment du prix des matières premières, à la diminution des services publics en milieu rural. A Christine Martin, maire DVD de Montaigu-le-Blin (Allier), qui s’inquiétait à ce sujet, Nicolas Sarkozy a expliqué sans surprise qu’il continuerait à « réduire les dépenses » publiques.

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