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Politique Nicolas Sarkozy veut « absolument » éviter une renationalisation de la Pac

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Dans ses vœux au monde rural, le 14 janvier, Nicolas Sarkozy a logiquement plaidé pour une « régulation de l’agriculture ». L’enjeu, alors que les négociations budgétaires sur la Pac vont débuter est d’éviter « toute forme de renationalisation de cette politique », a-t-il insisté à Mortagne-au-Perche dans l’Orne. Dans un contexte d’après-Copenhague et d’année mondiale de la biodiversité, le chef de l’État s’est employé à « verdir » son discours. « Le développement durable » est placé au rang d’« immense défi national ». « Il n’est pas possible de continuer à produire comme avant », a-t-il même souligné.

C’est un constat que Nicolas Sarkozy, en déplacement dans l’Orne pour ses vœux à la France rurale, fait « avec regret ». L’action en ordre dispersé des pays européens touchés par une crise agricole sans précédent porte en elle le risque de « renationalisation d’une partie de la Pac ». Le chef de l’État qui souhaite que les pays de l’Europe coordonnent leurs efforts veut éviter « tout ce qui peut s’apparenter à cette renationalisation ».
La cinquième prise de parole de Nicolas Sarkozy à l’attention du monde paysan depuis son élection a été sans surprise. Il a réaffirmé qu’il comptait engager en 2010 « de véritables négociations européennes en faveur de la régulation de l’agriculture ». Alors que le monde est tombé dans le « précipice » de la crise en raison de la dérégulation, il est impensable pour Nicolas Sarkozy que la régulation ne soit pas « légitimée ». Il a rappelé que la France a été un pays précurseur en la matière puisqu’elle a ouvert ce débat « dès 2008 » lors de la présidence française de l’Union européenne.

Simplifier la Pac
Autre cheval de bataille du président, « la simplification de la mise en œuvre de la Pac ». Il s’agit, a-t-il expliqué devant une assistance attentive mais peu réactive, de « supprimer les références historiques permettant le calcul des aides, d’améliorer le soutien aux producteurs situés en zone herbagère » sans oublier « la création d’outils d’assurance pour gérer les aléas climatiques, sanitaires ainsi que les fluctuations du marché ».
Le chef de l’Etat a remporté un franc succès sur le sujet des « dumpings », qu’ils soient monétaires, environnementaux ou sociaux, que l’Europe subit. « Je le dis calmement, a-t-il insisté, nous n’accepterons pas que l’Europe soit la variable d’ajustement de tous les dumpings ». « Il n’est pas acceptable que l’on s’impose des règles qui ne sont pas respectées dans la fabrication des produits d’importation », a-t-il déclaré sous les applaudissements. « C’est cela qui doit être la nouvelle préférence communautaire », a-t-il conclu.

« L’immense défi du développement rural »
Dans un contexte d’après-Copenhague, Nicolas Sarkozy a présenté le développement durable comme un « immense défi national ». L’enjeu est « la préservation de la planète ». Il a évidemment évoqué les énergies renouvelables, réaffirmant les objectifs du Grenelle. Mais il a tenu surtout à refuser une certaine logique qui voudrait que l’objectif de croissance aille de paire avec pollution et la décroissance avec développement durable, a-t-il expliqué. Pour lui, « il n’est plus possible de produire comme avant », a-t-il lancé à son auditoire à dominante agricole. S’adressant à la France rurale dans son ensemble, il a souligné qu’une de ses priorités pour 2010 sera de « soutenir une nouvelle politique de développement de la ruralité ». À ce titre, il a indiqué « qu’il allait conclure les assises des territoires ruraux » lancées par Michel Mercier, le ministre de l’Espace rural, le mois prochain.

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