Invités pour une table ronde à la préfecture à Lyon et en visite dans des entreprises drômoises, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, et Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire, se sont montrés ouverts à la création d'un cluster agroalimentaire en Rhône-Alpes. Il se fixe pour objectif de favoriser l'exportation des entreprises locales.
« Rhône-Alpes est une terre d'innovation. Le cluster est un outil efficace pour faire travailler ensemble les entreprises d'un même secteur d'activité, a lancé Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, lors de sa visite dans la région le 30 janvier. Je suis favorable au développement d'un cluster agroalimentaire en Rhône-Alpes, notamment pour mutualiser des moyens et gagner des parts de marché à l'international. » Une théorie que les entreprises présentes ne pouvaient qu'approuver puisque déjà implantées à l'international depuis de nombreuses années. À l'image de Charles & Alice, basée à Allex dans la Drôme. Destinée à devenir une ETI puisqu'elle compte passer de 135 millions € de chiffre d'affaires en 2013 à 200 ou 300 millions € dans les trois ans, Charles & Alice mise sur l'international. « Le marché français des desserts aux fruits progresse d'environ 5 % par an, analyse Thierry Goubault, président de l'entreprise drômoise. Notre progression passe donc forcément par l'international où la demande explose. Pour atteindre les 300 millions €, il faudra que notre part export passe de 15 à 75 % du chiffre d'affaires. » L'entreprise a donc décidé de s'implanter directement sur les marchés à conquérir. Elle ouvrira une usine aux Etats-Unis cet été pour servir le marché domestique. Thierry Goubault est venu rencontrer les deux représentants de l'Etat avec une question claire et simple : « Les entreprises comme les nôtres qui bâtissent des sites de production à l'étranger seront-elles aidées pour supporter les investissements ? » Nicole Bricq l'a renvoyé vers la BPI et Ubifrance, tout en lui disant que « les Etats-Unis sont un marché mature mais pas sans risque »…
AVANTAGE CONCURRENTIELAutre problématique abordée par les industriels rhônalpins lors de la visite ministérielle : la sur-réglementation française. « Avant toute nouvelle réglementation, posons-nous une question simple, préconise Philippe Dumas, président de Sicarev Groupe dans la Loire (730 millions € de chiffres d'affaires et 1 400 salariés). Avons-nous un avantage concurrentiel, sur le marché intérieur ou à l'international, pour légitimer la mise en place d'une nouvelle norme ou réglementation ? Pour moi et mes confrères, la réponse est simple. Si oui, on met en place cette nouvelle réglementation. Si non, on s'en tient à la directive européenne. Nous souhaitons que les services de l'Etat soient à l'écoute des entreprises et réactifs afin de ne pas pénaliser la compétitivité des entreprises françaises. » Un discours d'expérience puisque Sicarev groupe réalise un tiers de son chiffre d'affaires à l'international. « L'export est nécessaire pour notre entreprise, poursuit Philippe Dumas. La coopérative dédiée aux filières viandes (bœuf, veau, porc) doit être capable de se positionner sur les marchés internationaux pour ne pas mettre en péril la pérennité de ses filières. Un exemple simple : toutes les oreilles de nos porcs découpés partent sur le marché chinois, friand de cette partie de l'animal délaissée en Europe. » Une stratégie pour optimiser la découpe réalisée en Rhône-Alpes.
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Nicole Bricq et Guillaume Garot n'ont pu qu'approuver les démarches des entrepreneurs rhônalpins tout en regrettant de ne pas voir davantage de produits estampillés bleu-blanc-rouge lors de leurs déplacements à l'étranger.