Les représentants de la filière ont rencontré la ministre de l’Agriculture pour lui demander une dérogation de 120 jours pour l’utilisation de l’acétamipride, en raison de l’infestation subie cette année. Annie Genevard n’a pas encore dévoilé son arbitrage.
Le président de la coopérative Unicoque (Lot-et-Garonne), Jean-Luc Reigne, a rencontré le 19 novembre la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, pour préciser les demandes de la filière noisette à la suite de la récolte française catastrophique cette année, provoquée par des attaques massives de punaises diaboliques et de balanin (ver de la noisette) et par une météo défavorable. Le rendement a été divisé par deux en champ, puis 30 % de la récolte a été piquée par la punaise, ce qui la rend non commercialisable. Ce taux a été si élevé cette année que la filière française ne pourra pas se conformer aux normes de commercialisation à l’export et accèdera difficilement aux marchés européens, explique Jean-Luc Reigne. La moitié de la récolte est habituellement exportée.
Fonds d’urgence demandé
Unicoque demande une dérogation de 120 jours (article 53 du règlement européen, sur les situations d’urgence) pour l’utilisation de l’acétamipride, néonicotinoïde autorisé en Europe, efficace contre les deux ravageurs, mais interdit en France en vertu de la loi Biodiversité de 2016. « La Draaf et la DGAL sont venues constater sur site la situation d’urgence, que ne discute pas la ministre », explique Jean-Luc Reigne à Agra Presse. Annie Genevard n’a pas rendu sa décision, mais aurait indiqué aux professionnels que leur filière était « la plus emblématique de la situation "d’absurdie" et de distorsion de concurrence » que subissent les agriculteurs. La filière demande par ailleurs un « fonds d’urgence », estimant ses pertes à 60 millions d’euros, équitablement réparties entre l’entreprise et les producteurs.
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Enfin, elle demande un soutien à son projet de recherche sur les parasitoïdes, commun à plusieurs autres filières fruits et légumes. Le projet est déposé dans le cadre des appels à manifestation d’intérêt du Parsada (plan de recherche d’alternatives aux pesticides) ; après une première vague de projets financés, une deuxième doit être dans les prochaines semaines. De son côté, Unicoque a déjà débuté un élevage, dont la montée en puissance pourrait prendre cinq ans, pour produire à terme 10 à 20 millions de parasitoïdes, contre 20 000 cette année. La filière châtaigne est l’exemple réussi de contrôle d’un nouveau ravageur par un parasitoïde ; toutefois les rendements ne sont redevenus normaux qu’au bout de dix ans de déploiement.