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Danemark « Notre modèle agricole doit assurer la paix politique », explique Peter Gemaelke

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« Notre modèle agricole doit assurer la paix politique », a expliqué, Peter Gemaelke, président des agriculteurs danois le 19 avril lors de la visite d’une mission mixte du ministère de l’Agriculture français regroupant des parlementaires et des syndicalistes agricoles. « L’agriculture danoise est sous pression, poursuit Peter Gemaelke. Elle doit être progressiste et moderne ». C’est dans ce contexte qu’a été mise en œuvre la nouvelle Pac. Le modèle choisi par le Danemark (« combi-modèle ») a été élaboré par les organisations professionnelles, présenté aux pouvoirs publics et défendu devant le parlement de l’automne 2003 à novembre 2004. Le découplage des aides entre en vigueur à partir de 2005.

C’est Mariann Fischer Boel, actuelle commissaire européenne qui a défendu le dispositif de mise en œuvre de la Pac en tant que ministre de l’Agriculture danois devant le parlement national. Ces débats ont duré de l’automne 2003 à novembre 2004. « De violentes discussions sur les aides agricoles » agitent l’opinion publique danoise, explique Peter Gemaelke, président des agriculteurs danois. De ce fait « l’agriculture danoise doit être progressiste et moderne ». Dans contexte, Peter Gemaelke est favorable à une diminution progressive des aides agricoles plutôt que « plus rien » dans 6 à 7 ans.

Combi-modèle

Le modèle choisi par le Danemark (« combi-modèle ») a été élaboré par les organisations professionnelles, présenté aux pouvoirs publics et défendu devant le Parlement de l’automne 2003 à novembre 2004. Les principales discussion ont porté sur la date d’entrée en vigueur du découplage, l’activation ou non de l’article 69 qui permet d’attribuer 10 % des aides pour favoriser certaines productions, l’attribution de DPU pour des hectares de prairie n’ayant jamais bénéficié d’aides auparavant.

Découplage en 2005

Le découplage des aides entre en vigueur au Danemark à partir de 2005. Le Danemark a choisi un modèle d’application de la réforme très proche du modèle allemand. Deux périodes sont déterminées. Dans un premier temps, la régionalisation s’applique en distinguant deux types de surfaces (culture et terre arable) assortie d’un complément individuel sur bases historique pour les DPU « prairie ». Dans un second temps (2009-2012), une mutualisation totale s’applique aboutissant à une aide unique à l’hectare à hauteur de 309 euros/ha. « Nous aurons les même aides/ha pour tout le Danemark », résume Peter Gemaelke. A la question « qui paye la régionalisation ? », le président des agriculteurs danois répond : « Les producteurs de semences, les éleveurs intensifs qui contribuent à la répartition de l’argent vers les agriculteurs les plus extensifs ».

Le choix du recouplage partiel a été fait sur la PSBM (prime spéciale aux bovins mâles) dans la limite de 75 % et de 50 % pour la PCB (prime à la brebis). Par contre les professionnels danois se sont toujours positionnés contre le couplage partiel des aides Scop à hauteur de 25 %. Ils jugent que ce couplage serait sans effet réel sur le niveau de production.

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Des « hectares en or »

Le principal problème politique résultant de ces choix est selon l’expression locale « les hectares en or ». De quoi s’agit-il ? Lorsque la surface exploitée a fortement diminué depuis la période de référence jusqu’en 2005, les hectares éligibles valent donc de l’or ! Face à cette situation qui a été dénoncée par les médias, le Danemark a décidé de rendre possible l’ajustement à la baisse du montant de référence historique en cas de diminution de l’exploitation avant le 15 mai 2004.

Pas de comportement spéculatif

Quant au risque de comportement spéculatif concernant le marché des DPU, les Danois restent optimistes. « Le marché de DPU sera de toute façon un marché très peu actif », avance-t-on. La régionalisation qui rend l’ensemble des hectares éligibles aux DPU fige en quelque sorte le marché. En plus, la diminution annuelle de la SAU nationale (environ 15 000 ha par an) place le marché des DPU en situation structurelle d’excès d’offre. Enfin, « la perspective d’une homogénisation générale des DPU à l’horizon de 2012 devrait décourager tout comportement spéculatif ».

Au chapitre de la conditionnalité des aides, le dispositif qui comprend 39 exigences est critiqué par les professionnels agricoles danois. Ce sujet a donné lieu à un « dialogue frontal », résume Peter Gemaelke. Ce dernier condamne par ailleurs la règle du 1 % du PIB pour le budget agricole de l’Union européenne. « Il faut 1,14 % avec 1 % c’est impossible », a-t-il répété.