Les intervenants de la conférence « Pour le meilleur et pour le pire : une nouvelle OCM vin ? », qui s’est tenue le 30 novembre sur le salon Vinitech, ont plaidé en faveur d’un plan social et de l’arrachage de la vigne, de manière ambitieuse. Ils demandent que l’enveloppe de l’OCM, soit 1,2 Md d’euros, ne soit pas utilisée pour ces mesures d’urgence.
Plaider en faveur d’un plan social et de l’arrachage est un discours nouveau, après les vives critiques des propositions de réforme de l’OCM – présentée par Mariann Fischer Boel au printemps – dont la mesure-phare était l’arrachage de 400 000 ha dans l’Union européenne.
« Nous sommes conscients qu’il faudra un plan social, c’est une condition pour que l’OCM soit une réussite », a déclaré Michel Issaly, représentant les Vignerons indépendants. Jacques Berthomeau, auteur du rapport du même nom relatif à la viticulture à l’horizon 2010, a ajouté : « Il faut être ambitieux pour ce plan social». Pour Joël Castagny, président du groupe vin du Copa-Cogeca : « On n’échappera pas à une politique d’arrachage. Il y a 30 Mhl d’excédents dans l’UE. De toutes façons, les hectares correspondants disparaîtront, primés ou non primés».
Jusqu’à 50% du budget de l’OCM en arrachage et pré-retraites
« Des viticulteurs veulent quitter la profession. Il faut les accompagner. Mais l’enveloppe d’accompagnement ne doit pas être prise sur le budget de l’OCM viti-vinicole. Cette enveloppe doit servir à la mutation de la viticulture », a demandé Michel Issaly. « Dans une des deux options de propositions de réforme présentées par Mariann Fischer-Boël, une partie du budget de l’OCM est consacrée au développement durable, avec des précisions concernant les mesures finançables. Parmi ces mesures figurent les pré-retraites et les mesures agri-environnementales que chaque Etat membre doit co-financer », a expliqué Joël Castagny, président du groupe vin du Copa-Cogeca. « Si l’on cumule pré-retraites et arrachage, c’est 50% de l’enveloppe de l’OCM qui seront consacrés à lutter contre la crise », a-t-il constaté.
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Des textes permettraient d’épargner le budget de l’OCM
« Dans le réglement européen sur l’arrachage, il suffit de changer une ligne pour augmenter l’aide aux producteurs. Il y a des possibilités mais la France ne semble pas souhaiter utiliser ces mesures, il faut le dire », a précisé Joël Castagny. « De même avec le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural), il y a une possibilité de pré-retraite à hauteur de 18000 euros par exploitant et par an à partir de 54 ans. Il suffit que la France le demande et co-finance», a poursuivi Joël Castagny.
Bruno Kessler, président de l’Association française des éleveurs embouteilleurs et distributeurs de vins et spiritueux (Afed), a estimé que « l’arrachage n’aura de portée que s’il est fait de manière rapide ». « Sinon l’impact sur le revenu du producteur sera nul», a t-il ajouté.