« De nouvelles réformes sont nécessaires, tant pour améliorer la performance des politiques agricoles au plan national que pour favoriser la mise en place de marchés plus ouverts pour les échanges de produits agricoles et alimentaires », a affirmé Stefan Tangermann, le responsable de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE. Selon l’organisation, le niveau estimé de soutien dans la zone de l’OCDE a légèrement diminué en 2006, passant de 27 % du revenu agricole contre 29 % en 2005.
Dans son rapport intitulé Les politiques agricoles des pays de l’OCDE : suivi et évaluation 2007, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) note que l’évolution du niveau des subventions s’explique surtout par le niveau élevé des prix mondiaux, l’ampleur des calamités naturelles et la persistance de la faiblesse du dollar.
Une évolution due aux cours élevés
Mises à part des « mesures audacieuses » prises par l’Union européenne avec le découplage des aides, globalement, les politiques agricoles ont peu évolué. Cependant, à plus long terme, l’OCDE note une tendance à la « convergence » de politiques qui se traduit par une orientation accrue des agriculteurs vers les marchés. Le rythme et l’ampleur des réformes varient considérablement d’un pays à l’autre, souligne le rapport.
Au total, en 2006, le soutien accordé aux producteurs dans la zone de l’OCDE est évalué à 214 milliards d’euros, ce qui représente 27 % des recettes agricoles. Dans l’Union européenne, le pourcentage des recettes provenant des pouvoirs publics n’a que légèrement régressé en 2006, à 33 % contre 32 % l’année précédente.
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Ce taux de soutien est très variable d’une zone à l’autre. En 2004/06, il s’élevait à environ 1 % des recettes agricoles en Nouvelle-Zélande et 5 % en Australie, 14 % aux États-Unis et au Mexique, à 22 % au Canada et à 24 % en Turquie. À 34 %, le niveau de soutien dans l’Union européenne était supérieur de 5 points à la moyenne de l’OCDE. Le soutien représente 55 % des recettes agricoles au Japon et plus de 60 % en Islande, en Norvège, en Corée et en Suisse.
Mieux prendre en compte la gestion de l’eau
Respect des droits de propriété et échanges des droits sur l’eau, dispositifs de tarification et d’allocation, réforme des subventions accordées pour les différentes utilisations de l’eau et délégation de compétences aux autorités locales : l’OCDE recommande aussi à ses pays membres de prendre davantage en considération la question du changement climatique dans le cadre de leur politique agricole. D’importantes initiatives ont d’ores et déjà été lancées dans certains pays, notamment l’Australie, indique l’organisation.
Canberra a mis en place depuis 2004 des mécanismes destinés à améliorer la comptabilité de l’eau. Des ressources importantes sont débloquées par ce pays pour installer des conduites d’eau dans les zones agricoles ou des mécanismes de recyclage des eaux usées. En Espagne, en Nouvelle-Zélande, au Mexique ou en Turquie, des efforts sont aussi entrepris.