Quelques heures après une intervention du professeur Gérard Dubois, membre de l’Académie nationale de médecine, sur France Inter le 30 avril, dénonçant les actions d’un « lobby alcoolier » pour empêcher les mesures de prévention contre l’alcoolisme, l’association Vin & Société a mis en lumière une nouvelle offensive visant à « dénormaliser la consommation de vin ».
Le professeur Gérard Dubois, membre de l’Académie nationale de médecine, a accusé, sur France Inter le 30 avril, le « lobby alcoolier de tout faire pour que les mesures » de santé publique concernant l’alcool « ne soient pas prises ». Or, ces mesures « sont connues », a-t-il ajouté, indigné que le ministre de l’Agriculture présente le vin comme étant avant tout l’expression d’un art de vivre et d’un modèle culturel.
« Prenons exemple sur l’Espagne et l’Italie »
Le professeur Gérard Dubois « a relayé des arguments déjà distillés avec méthode et régularité depuis des mois », a commenté le 30 avril Joël Forgeau, viticulteur et président de Vin & Société, qui représente la filière viticole sur les sujets de santé publique, désignée par Gérard Dubois comme incarnant le « lobby alcoolier ».
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Gérard Dubois voit dans les dépliants pédagogiques pour les enfants tels que Le petit quotidien, Mon quotidien ou Les chemins de la vigne, un prosélytisme pour le vin, dangereux pour la santé publique. « Bien loin du fantasme prosélyte dont certains nous accusent, ces supports présentent l’histoire et la culture de la vigne », a répondu Joël Forgeau. Vin & Société « promeut une approche équilibrée entre économie et santé. Nous condamnons la violente charge morale visant à dénormaliser la consommation de vin. En effet, il ne faut pas volontairement confondre le produit et son mauvais usage, préjudiciable à la santé », a rappelé Joël Forgeau.
« Je déplore les polémiques vaines à la française. Prenons exemple sur l’Espagne et l’Italie dont la morbidité et la mortalité liées à la consommation excessive d’alcool sont parmi les plus faibles au monde selon l’OMS », a poursuivi le président de Vin & Société. Dans ces deux pays, État, associations, médecins, producteurs de boissons alcoolisées « ont travaillé tous ensemble, avec le soutien de fonds européens. Une approche moderne et efficace que nous appelons de nos vœux ».
"Il ne faut pas volontairement confondre le produit et son mauvais usage"