La carte des zones défavorisées simples provoque toujours des remous dans le milieu agricole. Une nouvelle réunion devait se tenir le 9 février au ministère à ce sujet à la suite de plusieurs actions syndicales.
Le 9 février, devait se tenir un nouveau comité de suivi, au ministère de l’Agriculture, sur les zones défavorisées simples liées à l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN). Depuis plusieurs semaines, l’ensemble des syndicats agricoles font front commun face aux propositions de cartes du ministère pour faire progresser le zonage (Voir Agra Presse n° 3630). Près de 110 cartes ont été testées, « avec tous les critères possibles », a rapporté une source proche du dossier. Le 7 février, à la suite de manifestations récurrentes d’agriculteurs, notamment dans le sud de la France, une réunion tardive avec des membres du ministère a été organisée. « Nous sommes satisfaits de la réunion. La nouvelle carte que l’on nous propose réintègre totalement le Lot-et-Garonne. Nous gagnons même cinq communes. C’est un solde positif », s’est félicité Patrick Franken, président de la coordination rurale du Lot-et-Garonne, à l’AFP.
Une problématique budgétaire non résolue
Pour autant, comme le rappelle la Confédération paysanne dans un communiqué du 8 février, ce nouveau zonage « nécessitera un budget supplémentaire ». En effet, à budget constant, si certaines communes supplémentaires intègrent la carte, le montant de l’aide par exploitation devrait automatiquement diminuer. Pour la Conf’, ce serait alors « une baisse de 45 % de l’ICHN dans les zones défavorisées ». Le syndicat revendique donc un transfert financier du premier au deuxième pilier de la Pac, comme l’an passé pour pouvoir abonder le budget. Une position que la Coordination rurale (CR), la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) réfutent vigoureusement. Le syndicat majoritaire et les JA souhaitent que les régions participent à l’enveloppe ICHN au travers par exemple des enveloppes MAEC (Mesures agro-environnementales et climatiques) non consommées dans leur totalité.
Un Stéphane Travert discret
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La CR considère, elle, que c’est au ministère de la Transition écologique et solidaire de payer ce supplément budgétaire. Et de réclamer, le 7 février dans un communiqué, la prise en compte des externalités positives de l’élevage dans ces zones, en termes de biodiversité, stockage du carbone, prévention des inondations, ouverture des milieux et de pollinisateurs. Stéphane Travert reste quant à lui discret sur le sujet dans ses interventions aussi bien lors du congrès de la Fédération nationale bovine à Évreux le 7 février qu’à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. Il évoque une carte obsolète « édifiée en 1976 » et « des craintes légitimes ». « Il y a des éleveurs qui sortiront de ces zones », a-t-il déclaré, prônant « un langage de vérité » mais rappelant que pour l’heure, « rien n’est arrêté ». Il souhaite une carte « équilibrée, équitable et soutenable ».
Ce nouveau zonage « nécessitera un budget supplémentaire »
Des manifestations qui s’enchaînent au sujet des zones défavorisées simples
Pour protester contre le projet de révision de la carte des zones défavorisées simples, les manifestations se sont enchaînées dans le sud de la France, notamment en Occitanie. Ainsi, plus de 200 agriculteurs, ont bloqué trois accès de l’autoroute A62 (Bordeaux-Toulouse), le 2 février. Le lendemain, une vingtaine d’agriculteurs et dix tracteurs bloquaient le péage de l’A20 au nord de Montauban. Le 5 février, c’est une centaine de tracteurs qui bloquaient les quatre principaux ronds-points d’accès à Auch (Gers). Le même jour, un mouvement s’est également tenu en Haute-Garonne, avec une opération escargot sur l’A68 entre Albi et Toulouse. Et le 7 février, plusieurs axes de Toulouse ont été bloqués.