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Nouvelles perspectives dans la lutte contre les ravageurs grâce à l’identification d’une paire d’enzymes

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Les équipes d’Inrae ont travaillé sur le Colletotrichum orbiculare, un pathogène des fruits, des légumes et des céréales. Crédits : © Kaserei/Pixabay

  Une équipe de chercheurs, dont des équipes d’Inrae, a mis en évidence le rôle d’une paire d’enzymes dans la dangerosité des champignons ravageurs des cultures. De quoi rendre possible la mise au point de produits de nouvelle génération, alternatifs aux fongicides.      

Et s’il était possible de mettre au point des produits phytosanitaires sélectifs capables d’éradiquer les champignons pathogènes des plantes, ravageurs des plantes, et d’épargner les champignons bénéfiques pour les plantes ? C’est la question qu’on peut se poser suite aux découvertes faites par une équipe de chercheurs de l’UMR Biodiversité et Biotechnologie Fongiques d’Inrae (Marseille), complétée par des experts du CNRS et du CEA, et des équipes japonaises, espagnoles et canadiennes.

Alors qu’ils menaient des travaux pour identifier, chez certains champignons, des enzymes capables de produire des molécules à l’odeur citronnée, ils ont remarqué la présence systématique de deux enzymes en tandem : l’alcool oxydase (enzyme A) et la peroxydase (enzyme B). C’est le cas chez le champignon phytopathogène modèle Colletotrichum orbiculare, où ces deux enzymes sont présentes, l’une étant indispensable à l’activation de l’autre. Si l’une des deux enzymes A ou B est manquante, le champignon ne peut plus infecter la plante. « Une interaction entre ces deux enzymes est nécessaire pour modifier certains composés à la surface des feuilles de la plante, au niveau de la cuticule, première barrière physique », indique Inrae dans un communiqué.

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Nouvelles stratégies de protection des plantes

« L’identification de cette interaction entre deux enzymes ouvre des perspectives pour mettre au point de nouvelles stratégies de protection des plantes basées sur le blocage d’une des deux enzymes, empêchant ainsi l’infection de la plante », explique Jean-Guy Berrin, directeur de recherche Inrae au sein de l’UMR Biodiversité et Biotechnologie Fongiques, soulignant que « la paire d’enzymes mise en évidence n’est pas présente sur les champignons bénéfiques aux plantes. »

Le potentiel ouvert par ces recherches est conséquent puisque le champignon sur lequel les équipes ont travaillé, Colletotrichum orbiculare, est un pathogène des fruits, des légumes et des céréales, tandis qu’un autre champignon apparenté, Magnaporthe, est pathogène du riz. Le recours de plus en plus limité aux produits phytosanitaires de synthèse oriente actuellement les recherches vers des produits alternatifs qui pourraient être mis au point à l’avenir à partir des recherches sur les enzymes des champignons ravageurs des plantes.