Entre influenza aviaire et décapitalisation, la production française d’aliments du bétail a connu une « baisse historique » de 6,6 % en 2022 (à 19,2 Mt), ont annoncé le 16 mars les fabricants privés (Snia) et coopératifs (la Coopération agricole, LCA). Toutes les espèces sont concernées, et en premier lieu les volailles, le débouché n°1 : sur 1,5 Mt perdues en 2022, plus de la moitié le sont en aviculture (-800 000 t). Alors que l’influenza aviaire a « touché de plein fouet la filière », la production d’aliments pour volailles s’est effondrée de 10,2 % (-30 % en palmipèdes). La production d’aliments pour porcs recule, elle, de 300 000 t « dans un contexte de décapitalisation du cheptel de truies et de baisse de production ». Seuls les ruminants, deuxième marché de l’alimentation animale, « enregistrent une baisse plus modérée ». Grâce à des prix du lait « soutenus », les effets de l’érosion du cheptel bovin ont été « en grande partie [compensés] par un niveau de production laitière soutenu », relèvent le Snia et LCA.
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En matière d’alimentation animale, « le segment bio n’est pas épargné » par la crise de la demande, constatent les fabricants. À -14 % (-106 000 t), l’aliment bio recule plus que la moyenne (-14 % en volailles, -19 % en bovins, -10 % en porcs). Selon les industriels, « l’année 2022 marque un net renversement de la tendance », après des années de « dynamisme fort, avec des croissances de l’ordre de 10 à 20 % par an en moyenne entre 2017-2021 ». Au-delà du bio, « ce recul est une tendance généralisée, qui touche toutes les filières sous signes officiels de qualité », notent le Snia et LCA, avec une baisse de 14 % en poulets label (Label rouge, AOC et bio).