Consulté sur la Stratégie alimentation, nutrition, climat (Snanc), le Conseil national des politiques contre la pauvreté et l’exclusion (CNLE) a publié son avis, le 13 juin. Cette instance, composée à 50 % de « personnes concernées » (précaires), salue les avancées mais regrette de nombreuses limites, dont « l’écart entre le niveau des recommandations et la réalité des modes de vie et des possibilités concrètes des personnes en situation de pauvreté ». Il souhaite un Nutri-Score « obligatoire », des objectifs « chiffrés » pour toutes les mesures (ce n’est pas le cas sur la viande, par exemple), ou encore un diagnostic des « déserts ou bourbiers alimentaires ». Il insiste sur les prix, en appelant « des mesures concrètes » pour « une meilleure transparence des prix et un encadrement des marges » de la distribution et des industriels « sur les produits sains et durables ». Une des « personnes concernées » citée explique ainsi qu’il faut « trouver un moyen de baisser le prix du bio plutôt que d’augmenter le prix de ce qui n’est pas bio ». Le CNLE veut que « la grande distribution garantisse au moins 50 % de promotions sur des produits de qualité » et que soit réalisée « une étude d’impact rigoureuse du relèvement du dispositif SRP et du strict encadrement des négociations commerciales ».
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Parmi les points positifs de la Snanc, le CNLE pointe « le déplacement du curseur vers une approche plus collective et structurelle », avec moins d’injonctions individuelles, en comparaison des politiques passées qui « ont parfois trop mis l’accent » sur l’individu pour « faire évoluer les pratiques » (alimentation, sport, santé…), « sans nécessairement prendre en compte les déterminants sociaux, économiques et territoriaux », y compris via la « taxe sodas » revalorisée. Cependant, la tendance à l’individualisation est « encore présente en filigrane » dans la Snanc, c’est pourquoi l’instance consultative demande une « orientation plus collective et structurelle ».