Société créée par Thierry Maroye avec l’apport capitalistique de Roquette Ventures et Creadev, NxtFood vient de concrétiser auprès de ses actionnaires une levée de fonds de 10 millions d'euros pour créer un site de production de steaks à base de protéines végétales. Basé à Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais), il devrait entrer en fonction début 2022.
Viande synthétique cultivée in vitro ou élaborée à base de protéines végétales, quelle solution de substitution aux produits carnés pour subvenir aux besoins alimentaires des prochaines décennies ? La start-up lilloise NxtFood mise sur l’option végétale, plus respectueuse de l’environnement et meilleure pour la santé. Créée en février 2019 par Thierry Maroye, elle travaille depuis à la mise au point de produits ressemblant aux steaks, rouges, tendres et même juteux, mais élaborés à base des protéines issues de pois et de blés d’origine française. Depuis le second semestre 2020 et grâce à un premier investissement de 5,5 millions d'euros de Creadev et Roquette Ventures, les fonds d’investissement respectifs de l’Association familiale Mulliez (AFM) et de la famille Roquette, NxtFood (25 collaborateurs actuellement) a lancé une production expérimentale dans un atelier basé à Villeneuve d’Ascq. Et, fin 2020, elle a testé la commercialisation de ses premiers steaks dans plusieurs enseignes dont elle ne souhaite pas divulguer les noms.
Production industrielle lancée début 2022
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Les résultats semblent positifs car Creadev et Roquette Ventures viennent à nouveau d’injecter 10 millions d'euros pour que NxtFood passe à l’échelon industriel. Fin 2020, la société a acheté un terrain de 20 000 m2 à Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais) pour y construire une unité de production de 4 500 m2 qui, début 2022, s’affirmera "comme l’une des plus grandes usines françaises de produits alternatifs à la viande, à base de protéines végétales et sans soja", annonce Thierry Maroie sans préciser sa capacité de production ni le nombre exact de créations d’emploi. Selon Les Échos, il serait également prévu une diversification rapide à la fois dans d’autres produits (boulettes, saucisses) et en substitution d’autres viandes (poulet et porc).
Après 18 ans d’expérience (2000-2018) chez Flunch et Sogood et en tant que président fondateur de Salad & Co, chaîne de RHD d’Agapes Restauration, branche de l’AFM qui connaît actuellement une profonde crise (Agra Alimentation du 29 octobre 2020), Thierry Maroye connaît bien l’aval du secteur de la restauration. Avec NxtFood, il découvre l’amont industriel de la filière agro et mise sur les enjeux planétaires des besoins en protéines dans l’alimentation mondiale avec un changement attendu de la répartition entre les apports d’origine animale et végétale. En effet, selon une étude publiée en 2019 par A.T. Kearney, 60 % de la viande consommée dans le monde en 2040 seront d’origine synthétique ou végétale, 35 % pour la première et 25 % pour la seconde. Mais pour l’instant le coût au kilo prohibitif de la première (environ 40 $ espérés à l’horizon 2030) semble plutôt avantager la seconde.