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OCM : les colégislateurs de l’UE échouent à conclure un compromis

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Pas de fumée blanche pour la révision ciblée de l’OCM de la Pac. Les colégislateurs ont échoué à obtenir un compromis en raison de divergences sur l’obligation de contractualisation et les dénominations de viande. Les discussions reprendront début 2026.

Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE ont échoué, le 10 décembre à l’occasion de leur 3e réunion interinstitutionnelle, à convenir d’un compromis concernant la révision ciblée de l’OCM. Ce texte, proposé par Bruxelles en décembre 2024 comme une des réponses aux importantes manifestations des mois précédents, doit permettre de renforcer le pouvoir des agriculteurs dans la chaîne alimentaire. Aucun accord n’a pu être obtenu sur les règles concernant les contrats écrits (notamment dans le secteur laitier) et l’utilisation des dénominations de viande, les deux sujets les plus sensibles des pourparlers. Selon toute vraisemblance, les colégislateurs sont tout de même parvenus, au cours de cette réunion, à conclure provisoirement leurs discussions concernant le mécanisme de médiation et les organisations de producteurs non reconnues qui figuraient également parmi les questions complexes.

Lire aussi : OCM : poursuite des négociations en vue d’un accord avant la fin de l’année

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« Malgré les efforts de rapprochement engagés de part et d’autre, les conditions ne sont pas encore pleinement réunies pour dégager un terrain d’entente », a regretté la Française Céline Imart (PPE, droite), en charge du dossier pour le Parlement européen. Et d’ajouter, sur une note plus optimiste : « Les échanges ont toutefois permis des avancées, et la perspective d’un accord demeure proche. » Aucune autre session de négociation n’est prévue d’ici la fin de l’année 2025.

Dénominations controversées

« Les manifestations des agriculteurs réclamant de meilleurs revenus remontent à plus d’un an et demi et il est frustrant de perdre encore du temps sur une proposition d’interdiction des burgers végétariens », a, pour sa part, déploré la Néerlandaise Anna Strolenberg, négociatrice des Verts, à l’issue de la rencontre. Elle appelle la présidence chypriote à « se concentrer sur l’essentiel », c’est-à-dire le renforcement des contrats. Il faut dire que la question des dénominations reste hautement controversée alors qu’elle ne figurait pas dans la proposition initiale de la Commission européenne. Céline Imart défend une position stricte, visant l’interdiction d’utilisation des termes steak, saucisse ou hamburger pour des produits ne contenant pas de viande. De l’autre côté, certains États membres comme l’Allemagne ne souhaitent pas remettre en cause les définitions actuelles. Le sujet a aussi pris un tournant médiatique inattendu avec l’intervention du chanteur Paul McCartney qui s’est associé à un courrier de parlementaires britanniques pour défendre les steaks de soja face à la proposition de l’UE. Ce dossier devrait, à présent, revenir sur le devant de la scène sous la présidence chypriote du Conseil de l’UE qui prendra fonction le 1er janvier 2026.