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Œufs : l’influenza perturbe durablement le marché

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Les cas d’influenza dans une zone des Côtes-d’Armor riche en élevages de poules pondeuses ont provoqué des difficultés d’approvisionnement. Une situation appelée à durer quelques mois.

En quelques jours, le marché français de l’œuf a été bousculé par une poignée de cas d’influenza aviaire dans les Côtes-d’Armor, qui concentrent un cinquième de la production française. Sur le front sanitaire pourtant, « l’emballement de la situation semble se calmer », indiquait le 1er mars Maxime Chaumet, le secrétaire général du CNPO (interprofession de l’œuf). Le département breton comptait 26 foyers au dernier bilan du 28 février, et « le dernier cas en pondeuses remonte à une semaine », note M. Chaumet. Mais le virus a déjà fait son œuvre : « On a perdu plus d’un million de poules pondeuses » (sur un cheptel national d’un peu moins de 50 millions), souffle le responsable du CNPO. Résultat : de « fortes difficultés d’approvisionnement », en œufs pour l’industrie comme en œufs coquille, d’après Les Marchés (article payant), qui évoque des livraisons « incomplètes et retardées ». Depuis le 9 février, le média n’a pas pu publier sa TNO (tendance nationale officieuse) de l’œuf en raison d’une « activité très réduite » des industriels, tandis qu’en œufs coquille, « la pénurie menace ».

Entreposage des œufs avant conditionnement

Et « la situation pourrait empirer la semaine prochaine » (du 6 mars), en raison des mesures de biosécurité imposées par les pouvoirs publics, toujours selon les Marchés. La préfecture des Côtes-d’Armor a rendu obligatoire l’entreposage des œufs sur des plateformes intermédiaires trois jours avant leur transfert en centre de conditionnement, le temps de s’assurer que les poules qui les ont produits ne sont pas malades. À plus long terme, « il est clair que le marché sera perturbé durant le premier semestre 2023 », prédit Maxime Chaumet. Voire peut-être plus longtemps, car « il faut cinq à six mois pour qu’une poulette commence à pondre », rappelle-t-il dans un entretien à Agra Presse.

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Avant l’accalmie, la zone autour de Saint-Connan, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Saint-Brieuc, avait connu une « très nette accélération » la semaine du 20 février, avec « quatre foyers confirmés » le 22 février, d’après un message de la préfecture des Côtes-d’Armor relayé par le Groupement de défense sanitaire (GDS) de Bretagne le 23 février. Les pouvoirs publics ont mené un dépeuplement préventif des palmipèdes dans la zone réglementée (10 km autour des foyers). Par ailleurs, un nouveau prestataire d’euthanasie a été mobilisé « pour permettre la prise en charge des foyers sur de très gros sites d’élevage de pondeuses ».

« Il est clair que le marché sera perturbé durant le premier semestre »