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OFB : le mouvement continue chez les fonctionnaires

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Déçus de la tentative d’apaisement à Matignon, les syndicats de l’OFB poursuivent le mouvement et appellent à la grève le 31 janvier. Ils demandent un soutien « ferme » au Premier ministre, la protection, la sanctuarisation des moyens et le retrait de la mesure du port d’arme « discret ».

« Le mouvement va continuer et la grève du 31 janvier est maintenue », a indiqué Guillaume Rulin, coordinateur du syndicat EFA-CGC de l’Office français de la biodiversité (OFB), après une réunion de l’intersyndicale de l’établissement public le 27 janvier. Le « mot d’ordre sur le droit de retrait » et la grève des contrôles en police administrative et judiciaire est toujours d’actualité, a-t-il ajouté.

Lire aussi : Appel à la grève à l’OFB après la mise en cause de Bayrou

Ce mot d’ordre consiste en plusieurs actions, d’après un communiqué de l’intersyndicale (SNE-FSU, FO, CGT, Unsa, EFA-CGC) : ne réaliser aucune mission de police, n’effectuer aucune mission vers le monde agricole (dont constat prédateurs, versement des subventions) ; ne transmettre aucun avis technique ; arrêter de participer aux réunions et missions à thématique agricole (Misa, Misen..) ; stopper les missions d’appui technique vers l’État, les collectivités et les établissements publics.

Échec à Matignon

La rencontre avec le cabinet Premier ministre le 24 janvier n’a donc pas suffi à apaiser la colère des organisations syndicales (OS) de l’OFB (SNE-FSU, FO, CGT, Unsa, EFA-CGC), qui « demandent [au Premier ministre] un message de soutien et de reconnaissance ».

Vendredi 24 janvier, Matignon avait exprimé la « confiance » du gouvernement dans les agents de l’OFB, critiqué par François Bayrou et dont les locaux sont la cible de syndicats agricoles depuis plusieurs semaines, mais sans convaincre ces derniers qui estiment ne « pas avoir été entendus » ni soutenus. Le directeur de cabinet adjoint du Premier ministre Louis Margueritte, qui a reçu les syndicats de l’OFB dans l’après-midi, explique avoir voulu « les écouter et rappeler la confiance du gouvernement aux agents » de cet établissement public, a écrit Matignon dans un communiqué.

« On a été écoutés, mais pas entendus » a réagi auprès de l’AFP Éric Gourdin, de l’UNSA-Ecologie. « Concrètement il n’y a rien du tout, aucune réponse à nos revendications », a-t-il déploré. « Les agents sur le terrain sont très remontés et avec la réponse de cette réunion ça va être encore pire, je crains que ça finisse mal », a averti M. Gourdin.

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D’après les OS, l’adhésion sur le terrain est « massive » depuis le lancement du mouvement le 17 janvier, selon une déclaration intersyndicale diffusée après la réunion à Matignon.

Taux de suivi « entre 58 % et 83 % »

S’il n’y a « pas de suivi exact » du nombre d’agents des services départementaux qui suivent le mot d’ordre, et que certains le suivent partiellement, la CGT-Environnement avance néanmoins une fourchette. « Le nombre d’agents dans les services départementaux est de 1330. On peut estimer le taux de suivi national entre 58 % et 83 % », indique son représentant Sylvain Michel le 27 janvier.

Selon la cartographie de l’intersyndicale mise à jour à cette date, « parmi les 89 départements de métropole hors région parisienne : 6 ne suivent pas du tout ; 10 suivent avec moins d’un tiers des agents ; 14 suivent avec un tiers à deux tiers des agents ; 61 suivent avec plus de deux tiers des agents », a détaillé Sylvain Michel. Selon lui, chacun des services départementaux est doté « de 15 agents en moyenne », sauf en région parisienne où ils « sont moins dotés et ne suivent pas le mouvement pour l’instant ».

Les demandes de l’OFB

Au-delà d’un soutien « ferme » exprimé « à chacun » des agents dans une lettre « signée » de François Bayrou, l’intersyndicale exige l’annulation de « la baisse prévue de 25 ETP » dans le PLF et de la coupe budgétaire envisagée ; la protection des locaux et des personnels de l’établissement public ; et l’annulation du port discret « inside » de l’arme, « qui est une inégalité de traitement des citoyens et qui est inapplicable en pratique ». Lors de la grève du 31 janvier, elle appelle les agents à « déposer symboliquement » leurs équipements de port d’arme discret devant les préfectures de départements.

« Écoutés, mais pas entendus »

Contrôles de l'OFB: peu de situations conflictuelles, selon un rapport d'inspection

Commandé en novembre, le rapport sur les relations entre agriculteurs et OFB (Office français de la biodiversité) ne recense «pour l’ensemble des usagers contrôlés, que 180 situations relationnelles conflictuelles, pour un total d’environ 400 000 contrôles », rapporte, le 29 janvier, le média spécialisé Contexte, qui s'est procuré le document avant sa publication officielle. Les auteurs regrettent que «quelques données non exhaustives disponibles […] suffisent à faire instantanément le tour des réseaux sociaux et ainsi alimenter l’image d’un établissement répressif», rapportent nos confrères. Parmi les propositions de la mission citées: «traiter les comportements inadaptés», mettre en place «un dispositif à la fois local et national» dédié «à l’écoute des agriculteurs» et instaurer une «inspection générale au sein de l’OFB», afin de «recueillir les signalements et conduire "en tant que de besoin à des mesures disciplinaires"». Selon Contexte, l’office aurait déjà accepté d’en s’en doter. Dernière recommandation citée: «l’avertissement des administrés d’une campagne de contrôle» – et de citer notamment «l’envoi de SMS aux agriculteurs de la zone» concernée.