Après quelques années de tassement, les surfaces mondiales cultivées avec des OGM ont reculé de 0,7 % en 2019. Le plus gros des surfaces reste concentré dans quelques pays où le taux moyen d’adoption des cultures biotechnologiques a déjà atteint son niveau de saturation.
Les surfaces plantées en OGM dans le monde ont légèrement reculé en 2019, selon le rapport annuel de l’ISAAA (Service international pour l’acquisition d’applications agro-biotechnologiques) publié le 30 novembre. Avec 190,4 millions d’hectares (Mha) de cultures biotechnologiques cultivées contre 191,7 Mha en 2018 c’est une baisse de 0,7 % qui est enregistrée, confirmant le tassement des surfaces depuis déjà quelques années (après des hausses de 1 % en 2018, 3 % en 2017 et 2016 et déjà une baisse de 1 % enregistrée en 2015).
Les États-Unis restent le pays avec le plus de surfaces OGM (71,5 Mha) malgré un recul de 4,7 %, suivis du Brésil (52,8 Mha, + 3 %), de l’Argentine (24 Mha, quasi stable), du Canada (12,5 Mha, -2 % mais avec une hausse de 23 % de la superficie consacrée aux betteraves sucrières transgéniques) et de l’Inde (11,9 Mha, en très légère baisse). À eux cinq, ces pays représentent 91 % de la superficie mondiale (172,7 Mha). D’autres pays comme le Paraguay (4,1 Mha), la Chine (3,2 Mha), l’Afrique du sud (2,7 Mha) et le Pakistan (2,5 Mha) ont élégamment des surfaces importantes d’OGM. Au total, les OGM sont autorisés dans 29 pays dans le monde.
Nouveau recul dans l’UE
Le taux moyen d’adoption des cultures biotechnologiques dans les cinq principaux pays producteurs de cultures biotechnologiques a de nouveau augmenté en 2019 pour atteindre « une presque saturation », avec les États-Unis à 95 %, le Brésil à 94 %, l’Argentine à quasiment 100 %, le Canada à 90 % et l’Inde à 94 %. L’expansion des surfaces de cultures biotechnologiques dans ces pays ne pourra se faire désormais que par l’approbation et la commercialisation de nouvelles cultures et de nouveaux caractères biotechnologiques.
Dans l’UE, seuls l’Espagne et le Portugal continuent de cultiver l’unique variété autorisée à la culture. Mais les surfaces ne cessent de reculer : en 2019, l’Espagne en a planté 107 130 ha et le Portugal 4 753 ha pour un total de 111 883 hectares, soit une nouvelle baisse de 7,5 % par rapport à 2018. Mais, souligne l’ISAAA, plus de 30 millions de tonnes de soja et de produits à base de soja (dont 90 à 95 % d’OGM), 10 à 20 millions de tonnes de produits à base de maïs (dont 20 à 25 % d’OGM) et 2,5 à 5 millions de tonnes de produits à base de colza (dont près de 25 % d’OGM) ont été importées dans l’UE, principalement pour l’alimentation animale.
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Soja : le Brésil dépasse les États-Unis
Le soja est la principale culture biotechnologique mondiale avec 91,9 Mha soit 48 % de la superficie mondiale (en recul de 4 % par rapport à 2018) suivi par le maïs (60,9 Mha), du coton (25,7 Mha) et du canola (10,1 Mha). En 2019, le Brésil avec 35,1 millions d’hectares de soja a pour la première fois dépassé la superficie de soja biotechnologique des États-Unis, devenant le premier producteur mondial de soja transgénique. Sur la base de la superficie mondiale des différentes cultures, 79 % du coton, 74 % du soja, 31 % du maïs et 27 % du canola étaient des cultures biotechnologiques en 2019.
Mais il existe aussi d’autres cultures transgéniques : la luzerne (1,3 Mha), la betterave sucrière (473 000 hectares), la canne à sucre (20 000 hectares), la papaye (12 000 hectares), le carthame (3 500 hectares), la pomme de terre (2 265 hectares), l’aubergine (1 931 hectares) et moins de 1 000 hectares de courges, de pommes et d’ananas.
Les caractères empilés prennent la tête
Les surfaces plantées avec des variétés à caractères empilés présentant à la fois une résistance aux insectes et une tolérance aux herbicides ont augmenté de 6 %, soit 85,1 Mha et 45 % de la superficie mondiale, devenant ainsi le principal type d’OGM. Jusqu’à présent la tolérance aux herbicides (pour le soja, le canola, le maïs, la luzerne et le coton) avait toujours été le trait dominant. Mais en 2019, la superficie consacrée aux cultures tolérantes aux herbicides a été réduite à 81,5 millions d’hectares, soit 43 %. Et quelque 12 % de la superficie mondiale étaient plantés avec des caractères de tolérance aux insectes. Enfin, en 2018 le marché des semences transgénique s’est élevé 18,9 milliards de dollars contre 17,2 milliards $ en 2017.