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Oko veut essaimer l'assurance récolte en Afrique

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Fondée en Israël par deux Français et un Indien, la start-up Oko veut démocratiser l’assurance récolte en Afrique grâce au paiement mobile et aux satellites. Le paiement mobile est un système de transfert, de financement et de paiement accessible depuis n’importe quel téléphone portable y compris sans connexion internet. Généralisé au Kenya, il se développe dans de nombreux pays africains.

Avant de lancer Oko il y a deux ans, son co-fondateur Simon Schwall (2e en partant de la gauche, sur la photo ci-dessous) commercialisait de l’assurance décès et santé par paiement mobile, pour une autre start-up : « La plupart de nos clients étaient agriculteurs, je me suis rendu compte que la meilleure façon de changer leur vie était de proposer de l’assurance récolte ». Faute d’être suivi dans son entreprise, il lance sa propre start-up.

C’est ainsi que naît Oko, une assurance indicielle – pilotée par des données satellitaires, et non par des experts – et gérée par paiement mobile. Les bénéficiaires paient la prime par téléphone, et touchent leur indemnisation de la même façon. Oko n’est pas la première société à proposer de l’assurance indicielle par mobile, mais elle est la plus centrée sur ce mode de paiement, assure Simon Schwall.

L’avantage de l’assurance indicielle est évident en Afrique, où le recours à l’expert - très coûteux du fait des faibles infrastructures routières - est l’une des principales explications du prix prohibitif des assurances. Autre avantage, il permet une indemnisation rapide, qui peut permettre aux petits exploitants en manque de trésorerie de replanter rapidement en cas de non levée.
Une autre barrière importante à l’assurance en Afrique est l’atomisation des exploitations agricoles, qui nécessite un investissement important dans la force de distribution. Pour Simon Schwall, c’est une des raisons de l’échec des précédentes tentatives d’assurance indicielle en Afrique. C’est pour cela qu’Oko a investi dans un call center et une équipe d’agents de terrain qui peuvent « expliquer le principe de l’assurance ». Le Français reconnaît qu’il s’agit « d’un vrai défi, car cela représente un coût ».

Dans cette affaire, Oko est concepteur d’assurances. Elle a noué un partenariat avec le ré-assureur Allianz qui prend en charge 90% du risque. Les 10% restants sont couverts par des assureurs locaux. Au Mali, Oko est accessible directement depuis le menu de paiement mobile Orange Money, ce qui lui a apporté en 2020, 1800 clients (en maïs), dont 1100 ont été indemnisés à cause de fortes pluies.

Cette année, le nombre d’assurés est en forte croissance, et la start-up va assurer cinq cultures différentes. Des partenariats sont en cours avec des acheteurs de produits agricoles (ABInbev, Touton), qui souhaitent améliorer les conditions de vie des agriculteurs dans le cadre de leur politique RSE. Des distributeurs d’intrants et semenciers s’intéressent également à la solution.

Une levée de fonds est en cours pour récolter 1 M$, « afin d’accélérer le développement ». Certains partenaires agro-industriels devraient faire partie du tour de table, mais Oko souhaite rester indépendant.

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